Ephémérides

 

Ce texte est la suite de mon manuel "La Chine à tire-d'aile", publié en 2000 au Presses Universitaires d'Aix-Marseille).

Les premières années du XXIème siècle : 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012

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L'année 2001.

       Comme partout dans le monde, l’entrée dans le nouveau millénaire donne lieu à des fêtes démesurées. Toutes les personnalités influentes apparaissent (Jiang Zemin, Hu Jintao, Li Peng, Zhu Rongji, Li Lanqing...), pour bien indiquer que la stabilité est à l’ordre du jour. L’année s’annonce importante, puisque Pékin, après l'échec de 1994, pose à nouveau sa candidature pour l’organisation des Jeux olympiques d’été en 2008, et que la Chine pense entrer enfin dans l’Organisation mondiale du commerce.


    Les premiers résultats du recensement de novembre 2000 sont publiés : les Chinois sont 1.265.830.000 , auxquels il faut ajouter ceux de Hongkong (6.680.000) et de Macao (440.000). L’espérance de vie est de 71 ans, soit un taux de croissance annuelle moyen de 10,7 ‰ depuis le recensement de 1990 (augmentation de 132.150.000 Chinois). Les citadins représentent désormais 36,09 % de la population totale.


    L’Assemblée nationale populaire, qui se réunit en mars, n’est marqué par aucun fait saillant : le rapport d’activités du gouvernement est remplacé par un discours de Zhu Rongji sur les dix années à venir qui insiste sur la place privilégiée que doit occuper la lutte contre la pauvreté dans les campagnes. Car l’enrichissement des villes de la frange orientale continue, alors que le reste du pays, à majorité rural, stagne désespérément. Le parti ne peut oublier que Mao Zedong, en son temps, avait commencé par soulever les masses paysannes et avait fini par conquérir le pouvoir. De plus en plus, on encourage les investisseurs et les entrepreneurs à s’intéresser au développement de l’ouest chinois, par des mesures fiscales particulières. Sur le plan international, la Chine joue un rôle de plus en plus important, et les échanges téléphoniques entre Jiang Zemin et le président des Etats Unis sont fréquents.


    Le 1er juillet, 80ème anniversaire de la fondation du parti communiste chinois, est marqué par un discours qualifié d’important du secrétaire général Jiang Zemin, appelé « Intervention du 1er juillet, où l’accent est mis sur la « théorie de la triple représentation » (le parti doit se faire le représentant des forces de production les plus avancées, la culture la plus avancée, les intérêts fondamentaux du peuple le plus large, idée lancée par Jiang Zemin en février 2000, lors d’un voyage au Guangdong).


    Le 13 juillet, le Comité International Olympique annonce que Pékin est choisie pour l’organisation des jeux de 2008, avec 56 voix, contre 22 pour Toronto, 18 pour Paris et 9 pour Istambul . La Chine entière clame victoire, et le comité d’organisation, présidé par Liu Qi, maire de Pékin, assisté de Yuan Weimin (président exécutif), vice-président de la commission d’Etat aux sports et président dela Fédération nationale des sports, se met aussitôt au travail, rasant les ruelles les plus pittoresques, décidant l’achèvement du cinquième périphérique après avoir eu tant de mal à finir le quatrième, suspendu en 1994. C’est promis, ces jeux seront les meilleurs jamais organisés, l’environnement sera largement amélioré, quitte à déplacer des usines et les populations qui y sont attachées…


    Lorsque les Etats Unis sont touchés par le terrorisme, le 11 septembre à New-York et Washington, Pékin condamne aussitôt Ben Laden ; ce n’est pas seulement parce que quelques citoyens chinois sont touchés, c’est aussi parce que cette condamnation lui permet de déclarer que sur son propre sol, au Xinjiang, des populations (musulmanes) se livrent à des actes qu’il faut qualifier de terrorisme. Dans la tourmente de l’automne, personne ne songe à relever cette accusation. Dans la foulée, la Chine pourra s’attaquer aux « indépendantistes », qu’il s’agisse de Taiwan ou du Tibet.


    Le 6ème plenum du XVème congrès, qui se tient du 24 au 26 septembre, ne donne lieu à aucun bouleversement visible, même si Zeng Qinghong tente, vainement semble-t-il, de s’imposer comme successeur potentiel de Jiang Zemin, au détriment de Hu Jintao : chacun sait qu’une année entière doit s’écouler avant que n’interviennent les changements envisagés. Le communiqué final chante les louanges du discours de Jiang Zemin le 1er juillet, s’extasie devant la « triple représentation», rappelle son style de travail et fixe la convocation du XVIème congrès au second semestre 2002, tout en excluant du parti deux membres suppléants du comité central, Shi Zhaobin et Li Jiating.


    La Chine attend un autre bouleversement : son entrée dans l’OMC, où son négociateur, Long Yongtu, se multiplie. Au sommet de Doha, enfin, le 11 décembre 2001, la candidature de la Chine est acceptée, elle devient le 143ème membre de l’organisation. Dès lors, il lui faut faire face aux problèmes que pose la mise en concordance de ses lois et règlements avec ceux de l’OMC, bien que certaines facilités lui soient accordées, en particulier sur les délais de mise en application pour lesquels la Chine a obtenu cinq ans de rémission. Si le marché mondial s’ouvre à elle, la Chine doit aussi ouvrir le sien, revoir ses tarifs douaniers, adapter son systèmes de subventions, accepter la concurrence, en tout cas, se frotter aux mêmes règles que les autres, à des règles qu’elle n’a pas fixées elle-même, et se débarrasser des passe-droits institutionnalisés depuis des décennies. Le pouvoir central doit aussi s’assurer de l’application par les provinces des nouvelles règles et veiller à ce que le chômage qui découle de son entrée à l’OMC sacrifie le moins de gens possible, en particulier dans le monde rural. Les mois qui suivent sont donc consacrées à la révision et l’adaptation des lois économiques du pays.
 

L'année 2002.


    En mars 2002, Zhu Rongji présente son dernier rapport des activités du gouvernement devant l’Assemblée nationale. Son discours s’articule en huit parties, comme les dissertations des examens impériaux, le fameux baguwen (textes en huit cuisses). Parmi les chiffres cités dans l’introduction, il faut retenir que la croissance économique en 2001 a été de 7,3 % (le PIB a atteint 9.593,3 milliards de yuan, contre 8.940,4 en 2000), les recettes budgétaires de l’Etat se sont élevées à 1.637,1 milliards de yuan,, le volume du commerce a dépassé 500 milliards d’USD (266,2 pour les importations)… Cette introduction contient un hommage appuyé au secrétaire général Jiang Zemin. Puis Zhu Rongji énonce les tâches auxquelles la Chine va s’atteler en 2002 :
1/ Accroître et stimuler la demande intérieure pour promouvoir la croissance économique.
2/ Accélérer le développement de l’agriculture et de l’économie rurale et augmenter le revenu des paysans.
3/ Poursuivre la restructuration économique et la réforme du système économique.
4/ S’adapter à la nouvelle conjoncture au lendemain de l’adhésion à l’OMC et élever sur tous les plans le niveau de l’ouverture sur l’extérieur.
5/ Poursuivre l’assainissement et la réglementation de l’économie de marché.
6/ Mettre en œuvre la stratégie de renouveau de la nation grâce aux sciences et à l’éducation, et celle de développement durable, renforcer l’édification de la civilisation spirituelle.
7/ Poursuivre la reconversion des attributions du gouvernement et améliorer son style de travail.
8/ Mener à bien les activités diplomatiques.

    La session de l’assemblée populaire de Pékin, qui se réunit fin mars, accouche de deux documents concernant Pékin, redevenue, grâce aux Jeux olympiques, la ville-phare de la Chine. Le premier concerne les défis que la capitale doit relever à la suite de l’accession de la Chine à l’OMC, où il est largement fait mention des problèmes rencontrés avec les entreprises d’Etat. Le second, qui touche plus le Pékinois moyen, fait la liste des travaux destinés aux Jeux olympiques : 19 nouveaux stades ou gymnases, la rénovation de 13 sites déjà existants, des mesures pour améliorer l’environnement (recyclage de 90 % des ordures, acheminement du gaz naturel, extension des espaces verts, déplacements d’environ 200 entreprises hors du quatrième périphérique, construction de voix de chemin de fer et d’autoroutes, et même la fin des tempêtes de sable à partir de 2005 (il est vrai que cette annonce intervient au moment où Pékin connaît l’une des ses plus grandes bourrasques depuis plusieurs décennies). Ainsi, les grosses usines de Pékin se trouvent-elles attaquées de deux côtés, malgré le poids des ouvriers qui leur sont rattachés.

    Les provinces, régions autonomes et municipalités rattachées au gouvernement central sont, à cette date, dirigées par les personnalités suivantes (maire ou gouverneur, secrétaire du parti (pour plus d'actualité, cf. l'organigramme) :
Pékin :                Liu Qi, Jia Qinglin
Tianjin :              Li Shenglin, Zhang Lichang
Shanghai :          Chen Liangyu, Huang Ju
Chongqing :        Bao Shuding, He Guoqiang
Hebei :               Niu Maosheng, Wang Xudong
Shanxi :              Liu Zhenhua, Tian Chengping
Mongolie :         Wuyunqimuge Chu Bo
Liaoning :           Bo Xilai Wen Shizhen
Jilin :                  Hong Hu Wang Yunkun
Heilongjiang :     Song Fatang Xu Youfang
Jiangsu :             Ji Yunshi, Hui Liangyu
Zhejiang :           Chai Songyue, Zhang Dejiang
Anhui :               Xu Zhonglin, Wang Taihua
Fujian :              Xi Jinping Song Defu
Jiangxi :              Huang Zhiquan, Meng Jianzhu
Shandong :         Zhang Gaoli, Wu Guanzheng
Henan :              Li Keqiang, Chen Kuiyuan
Hubei :               Zhang Guoguang, Yu Zhengsheng
Hunan :              Zhang Yunchuan, Yang Zhengwu
Guangdong :       Lu Ruihua, Li Changchun
Guangxi :            Li Zhaozhuo, Cao Bochun
Hainan :             Wang Xiaofeng, Bai Keming
Sichuan :            Zhang Zhongwei, Zhou Yongkang
Guizhou :           Shi Xiushi, Qian Yunlu
Yunnan :            Xu Rongkai, Bai Enpei
Tibet :                Legqog, Guo Jinlong
Shaanxi :            Cheng Andong, Li Jianguo
Gansu :              Lu Hao, Song Zhaosu
Qinghai :            Zhao Leji, Su Rong
Ningxia :            Ma Qizhi, Chen Jianguo
Xinjiang :           Ablat Amudurexiti, Wang Lequan

    Pendant la première quinzaine d'avril 2002, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères (le Waijiaobu) multiplie les condamnations visant à forcer Israel à se retirer des territoires palestiniens. Mais dans le concert des nations tel qu'il est répercuté en occident, il semble que la Chine ne joue que du triangle, pendant que les Etats-Unis manient la contrebasse, et la Russie l'hélicon basse. Le Président Jiang Zemin n'en entreprend pas moins une tournée qui le conduit d'abord en Allemagne (Volkswagen est l'un des principaux investisseurs en Chine), puis en Libye, où il est l'un des rares dirigeants étrangers à se rendre. Le 14 avril, il confirme au colonel Kadhafi que la Chine entend renforcer ses relations d'amitié et de coopération avec ce pays, signe des accords sur les investissements, le pétrole et la coopération ferroviaire. Il poursuit ensuite son voyage vers le Nigéria, la Tunisie et l'Iran. Au même moment, le Premier Ministre Zhu Rongji se rend en Turquie, en Egypte et au Kenya. De son côté, le général turc Firtina rencontre à Pékin le général Chi Haotian, ministre de la Défense, et lui assure, le 22 avril, que la Turquie soutient la lutte des Chinois contre le "terrorisme" au "Turkestan oriental", donc la guerre contre les turcophones ouïghours. Dès son retour à Pékin, Zhu Rongji reçoit son homologue libanais, M. Rafic Hariri, avec lequel il évoque, le 28 avril, le conflit au proche-orient. M. Hariri rencontre également le Président Jiang Zemin et le Président de l'ANP, Li Peng. Quant au vice-Président de la République, Hu Jintao, il effectue un voyage en Malaisie, puis aux Etats Unis, où le Président Bush le reçoit.


    Lors de l'inauguration de la 35e conférence annuelle de l'Administration de la Banque asiatique de développement, à Shanghai, le 10 mai, Jiang Zemin formule des propositions sur la coopération régionale, qui s'inspirent largement des principes de coexistence pacifique chers à Mao et insiste sur la coopération entre pays d'Asie. Puis la diplomatie chinoise doit s'employer pour mettre fin à une crise avec le Japon, des gardes chinois ayant pénétré le 8 mai dans le consulat du Japon à Shenyang pour y récupérer cinq nord-Coréens qui y cherchaient refuge. Le 17 mai, le ministre des Affaires étrangères Tang Jiaxuan rencontre au Pakistan le Président intérimaire ainsi que son homologue et lui réaffirme le soutien de la Chine à une solution pacifique de la crise afghane. Le 20 mai, le gouvernement chinois fait part de son inquiétude face à la crise qui grandit entre l'Inde et le Pakistan. Ce qui n'empêche pas Jiang Zemin de demander, au même moment, des efforts encore plus soutenus aux membres du parti dans l'édification du socialisme. Quant aux salaires, le ministère de la main d'oeuvre annonce qu'ils ne seront pas relevés avant longtemps, afin de conserver à la Chine sa compétitivité. Par ailleurs, les scientifiques chinois annoncent qu'ils sont prêts à se lancer à l'assaut de la lune... A la fin du mois de mai, l'explosion en vol d'un avion taiwanais sur la ligne Taibei-Hongkong, qui fait plus de 200 morts, provoque la tristesse du président Jiang, d'autant plus que des ressortissants de République populaire (une dizaine au moins) avait pris place à bord.


    Tout un peuple attendait la coupe du monde de football qui se déroulait en Corée et au Japon. L'équipe chinoise revient après trois matches perdus (Costa Rica, Brésil et Turquie) sur les scores de 2-0, 4-0 et 3-0, alors que les pays hôtes s'en sortent bien. Et dire que le football est une invention chinoise...


    Les dirigeants préparent leurs bagages pour la messe annuelle de Beidaihe, où l'on doit décider de la composition qui sera annoncée au prochain congrès, à l'automne. Un peu de pronostic. Il faudrait cinq membres au comité permanent du bureau politique (contre sept précédemment). Admettons que Hu Jintao, Wen Jiabao et Wang Zhaoguo soient incontournables, que Li Keqiang (gouverneur du Henan) et Zhao Leji (gouverneur du Qinghai) tiennent la corde, il faudrait un militaire, mais lequel, et a la place de qui ? Et que faire de personnalités comme Zeng Qinhong, Bo Xilai ou Li Ruihuan ? Réponse dans trois mois, à l'issue de ce jeu de chaises musicales.


    Le mois de juin 2002 commence par les premières inondations, meurtrières du Fujian au Xinjiang, et s'achève par un voyage de Jiang Zemin à Hongkong, où il prononce quelques belles paroles à l'occasion du 5ème anniversaire de la rétrocession de l'ancienne colonie britannique. Mais on apprend par la voix du Quotidien du peuple du 9 juillet qu'un drame s'est déroulé du 23 au 30 juin : le Falungong a réussi à pirater le satellite Sinosat et perturber neuf chaînes de la télévision centrale ainsi que dix chaînes provinciales. De ce fait, les populations qui ne pouvaient recevoir la télévision que par satellite (cas dans des régions montagneuses ou reculées) n'ont pas pu voir le voyage du Président à Hongkong, ce qui est un moindre mal, mais n'ont pas pu assister à la finale de la coupe du monde de football, ce qui est beaucoup plus grave à leurs yeux. Dès le lendemain, la Chine annonce la mise sur orbite en 2005 de son satellite de télécommunication Sinosat-2. Mais elle n'en a pas fini avec les ennuis provoqués par les ondes : le 12 juillet, Pékin annonce qu'il suspend les retransmissions de la BBC vers la Chine, sans pour autant dire de quoi il retourne exactement. Fin juillet, la commission des lois de l'ANP annonce qu'elle se penche sur une réforme des règlements qui régissent les paysans, à commencer par le statut même de paysan, qui interdisait de s'exiler en ville pour travailler (quelque 150 millions de "mingong" qui se louent en ville pour les travaux les plus pénibles sont concernés) ; de même, la taxe agricole serait remplacée par un impôt sur le revenu, ce qui réjouira les paysans de ce pays où l'on peut, la même année, rencontrer le gel, la grêle, les parasites, les inondations et la sècheresse, et où l'on devait, vaille que vaille, s'acquitter de la taxe. Les vacances à Beidaihe des dirigeants chinois sont troublés, pendant la première quinzaine d'août, non pas par les inondations annuelles, mais par les déclarations enflammées du Président taiwanais Chen Shuibian qui envisage d'une part un referendum sur l'indépendance de l'île, d'autre part une demande de strapontin d'observateur à l'Organisation mondiale de la santé, que Pékin considérerait comme une réintégration de facto à l'ONU. Le 16 août, le Quotidien du peuple publie un règlement autorisant les familles de l'Anhui à avoir un second enfant si elles répondent à certaines conditions (parents eux-mêmes enfants uniques, ou premier enfant handicapé ou ne pouvant entrer sur le marché du travail, paysans dont le premier enfant est une fille, ethnies minoritaires...).
    Les médias de Hongkong croient savoir qu'au conclave de Beidaihe, Jiang Zemin demanderait à conserver au-delà du 16ème congrès (dont l'ouverture est prévue pour le 8 novembre, alors que les précédents se déroulaient fin septembre ou début octobre... Peut-être ce décalage n'est-il destiné qu'à permettre à Jiang Zemin d'effectuer une visite officielle aux Etats-Unis en octobre munis de tous ses titres), outre son poste à la commission militaire centrale, celui de secrétaire général du parti pour trois ans, car il préfèrerait que son successeur soit Zeng Qinghong et non Hu Jintao, comme le désirait Deng Xiaoping. Fuites provoquées ou délires d'un journaliste de Hongkong ? On notera au passage que le Premier Ministre Zhu Rongji ne participe pas à la cuisine de Beidaihe, envoyé qu'il a été en Afrique pour une tournée officielle. Il achève son périple au Sommet de la Terre en Afrique du sud et annonce que la Chine va ratifier le protocole de Kyoto. Le 6 septembre, le président Bush téléphone à Jiang Zemin, mais ne peut le convaincre qu'une attaque contre l'Irak est nécessaire et justifiée. Le Quotidien du peuple annonce le 9 septembre, anniversaire de la mort de Mao, que les 2120 délégués qui participeront au Congrès de novembre ont été élus. Dans un autre domaine, il écrit que la Chine compte 85 millions d'analphabètes, dont 90% vivent en zones rurales, et 50 dans les régions de l'ouest, qui regroupent 15% de la population totale. Aucun renseignement sur les critères qui déterminent l'analphabétisation. Les assemblées de l'ONU offrent le 11 septembre une double victoire à Pékin : l'adhésion de Taiwan à l'ONU est repoussée (pour la 10ème fois consécutive), et les activités des séparatistes du Xinjiang sont qualifiées de "terrorisme au Turkestan oriental".


    Le 18 septembre, la cour populaire intermédiaire de Changchun (au Jilin) condamne 15 membres du Falungong à des peines allant de 4 à 15 ans de prison, non pour leur appartenance au Falungong, mais pour avoir utilisé le système de diffusion par câble le 5 mars et proposé pendant 210 minutes de la propagande "religieuse" à 16.000 téléspectateurs. Il ne s'agit donc pas de ceux qui ont sévi pendant la coupe du monde de football. Chine nouvelle lance le 26 septembre une campagne contre Taiwan, qui aiderait et servirait de base à des adeptes du Falungong, spécialisés eux aussi dans le détournement des émissions télévisées du continent. Tout cela n'empêche pas Zhu Rongji de représenter la Chine au sommet de l'ASEM au Danemark et d'effectuer du 26 au 29 une visite officielle en France. L'éditorial du Quotidien du Peuple, à l'occasion de la Fête nationale le 1er octobre, ne lance aucun idée nouvelle : il convient d'attendre le congrès, en novembre. Le 17 octobre, Xie Zhenhua, directeur de l'Administration nationale pour la protection de l'environnement, fait publier un nouveau plan stratégique de développement durable pour les 10 années à venir ; selon ce plan, "la capacité de développement durable sera nettement renforcée, la mise en valeur des ressources territoriales optimisée, la qualité de l'environnement sensiblement améliorée, le taux bas de natalité maintenu, un système de l'économie nationale basé sur une économie des ressources et un bon environnement ainsi qu'une société juste, démocratique, civilisée et harmonieuse fondamentalement établis".

    Le président Jiang Zemin part pour une visite de travail aux Etats-Unis le 22 octobre 2002, ce qui n'empêche pas le comité central d'annoncer la nomination de quelques nouveaux dirigeants, tant pour les villes qu'il gère que pour ses départements (cf. le Qui fait quoi ?).


       Le 27 octobre, un lanceur Longue Marche IV B met sur orbite un satellite de ressources terrestres de type ZiYuan 2 : voilà un neuvième satellite au-dessus de nos têtes. Les bases de lancement sont Jiuquan (Gansu), Taiyuan (Shanxi) et Xichang (Sichuan). Une autre base secrète existe, destinée aux vols habités. Car la Chine dévoile un ambitieux plan d'exploration spatiale : vol habité bientôt, un homme dans la lune vers 2010, et création d'une station d'énergie solaire sur la lune, puis exploration de Mars.


    Le XVIème congrès du Parti se tient à Pékin du 8 au 14 novembre ; il réunit 38 délégations, soit 2114 titulaires, qui approuvent la nouvelle liste du comité central (198 titulaires, dont 5 femmes et 15 représentants des ethnies minoritaires : 4 hui, 3 tibétains, 2 ouighours, 2 tujia, 1 mongol, 1 mandchou, 1 zhuang, 1 coréen, ou 19 Li, 18 Wang et 17 Zhang... et 158 suppléants), où ne figure plus qu'un membre de l'ancien comité permanent, Hu Jintao. Exit Jiang Zemin, Li Peng, Zhu Rongji et Li Ruihuan, entre autres. Est aussi nommée la commission de discipline (121 membres. La charte du parti est modifiée pour laisser une place à la fameuse théorie de la triple représentativité, une création de Zeng Qinghong destinée à déculpabiliser ceux qui, obéissant aux ordres de Deng Xiaoping, se sont enrichis, et leur faire une place sinon au soleil, du moins dans la société. Le 1er plenum se réunit le 15 novembre pour élire ses nouvelles instances (cf. liste dans la page 7). Dans le même temps, Shi Guangsheng est envoyé au proche orient et sejourne a Ramala.
Pour en revenir aux chefs du parti, la liste s'établit comme suit (entre parenthèses, année et lieu de naissance, université et clan supposé) : secrétaire général : Hu Jintao (1942, Anhui, Qinghua, Deng Xiaoping) ; autres membres du comité permanent du bureau politique : Wu Bangguo (1941, Anhui, Qinghua, Jiang Zemin) ; Wen Jiabao (1942, Tianjin, I. de géologie de Pékin, Zhu Rongji) ; Jia Qinglin (1940, Hebei, U. du Hebei) ; Zeng Qinghong (1939, Jiangxi, U. technologie de Pékin, Jiang Zemin) ; Huang Ju (1938, Zhejiang, Qinghua, Jiang Zemin) ; Wu Guanzheng (1938, Jiangxi, Qinghua, Jiang Zemin) ; Li Changchun (1944, Liaoning, U. technologie Harbin, Jiang Zemin) ; Luo Gan (1935, Shandong, U. de Freiburg, Li Peng). On notera que tous sont ingénieurs, on peut les regrouper par université (Qinghua, comme Zhu Rongji) ou lieu de naissance (Anhui), vainement chercher un militaire pour représenter la grande muette... Toujours est-il que les rôles sont distribués : Hu Jintao Président de la République, Wu Bangguo à la tête de l'Assemblée nationale, Wen Jiabao Premier Ministre, et Jia Qinglin (dont l'épouse a été sauvée de la prison par Jiang Zemin après une histoire de détournement de fonds) à la tête de la CCPPC. Zeng Qinghong, le bras droit de Jiang Zemin, reste au pied du podium. Autre soucis pour Jiang : dans la nouvelle mouture des statuts du parti adoptés dans la semaine, la "théorie de la triple représentativité' n'est plus associée à son nom, si bien qu'il ne figurera probablement pas dans la constitution aux côtés de Mao et Deng, les glorieux aînés. On avait noté au début du mois que Jiang n'était pas apparu en chapeau de garçon vacher lors de son voyage américain, contrairement à Deng, il y a bien longtemps. D'autre part, à la une du QDP qui clôt le congrès, au lieu des neuf photos (mais pourquoi sont-ils neuf au lieu de sept, comme annoncé ? Li Ruihuan aurait-il imposé ses vues ?), dix portraits, avec celui de Jiang en tête, au titre de président de la commission militaire. Voilà qui inerpelle ! Mais il faudra étudier de plus près les résultats de l'Assemblée nationale qui se réunira en mars 2003, et voir comment Jiang Zemin quitte le poste de Président de la commission militaire, auquel il vient d'être réélu.Quant a la fameuse "triple représentativité", il faut comprendre que le parti doit représenter : - les exigences du développement des forces productives avancées en Chine ; - l'orientation du progrès de la culture chinoise avancée ; - les intérêts fondamentaux de l'écrasante majorité de la population chinoise (comprenne qui peut).


    Début décembre, Shanghai est élue ville organisatrice de l'exposition universelle de 2010.


    Le 30 décembre, le 4ème vaisseau inhabité, Shenzhou IV, est lancé par une fusée Longue Marche IIF ; Le Monde pense que c'est le dernier vol inhabité avant que la Chine ne devienne le 3ème pays à envoyer des humains dans l'espace.

 

L'année 2003.


    Au cours du mois de janvier 2003, les syndicats de Chine publient un Livre bleu dont le simple fait qu'il soit (en théorie) disponible en version chinois-anglais indique qu'il s'agit surtout d'un document destiné aux étrangers. En attendant, la diplomatie chinoise boit du petit lait à propos de la Corée du nord : même les Etats-Unis reconnaissent (implicitement, bien sûr) que Pékin est incontournable sur certains dossiers. Car pendant que Washington s'agite autour de l'Irak, la Corée du nord, bien plus dangereuse, est confiée à la Chine.


    La nouvelle Assemblée nationale se réunit pendant la 1ère quinzaine de mars. Elle élit Hu Jintao Président de la République et place en vice-Président Zeng Qinghong, tout en renommant Jiang Zemin à la Commission militaire : tout ne s'est donc pas passé comme prévu, Hu Jintao est désormais bien surveillé par le parti de Jiang. Il lui reste à savoir manoeuvrer pour se sortir de ce guêpier. Toujours est-il que, dans le nouvel ordre hiérarchique, Jiang Zemin, en tant que Président des commissions militaires, suit Hu Jintao, mais précède Wu Bangguo, Président de l'ANP, et Wen Jiabao, Premier Ministre.


    Dans le même temps, la pneumopathie atypique (SRAS), partie discrètement de Canton en novembre 2002, s'est étendue à Hongkong, au Viêtnam (hôpital français de Hanoi) et à Singapour, et a été transférée par des voyageurs en Europe et en Amérique, sans que personne ne trouve la parade. L'OMS se penche sur la question, et après de longues hésitations, Pékin livre des chiffres jugés plus conformes à la réalité : le 20 avril, il y aurait 1807 cas (contre 15012 annoncés la veille), 79 morts (contre 67 la veille). Le 25 avril, ces statistiques indiquent 2422 cas de SRAS (110 morts) pour toute la Chine continentale (sans Hongkong), dont 774 à Pékin seule. Censés avoir caché l'ampleur de l'épidémie, le ministre de la santé est forcé de démissionner, c'est Mme WU Yi, spécialiste du commerce extérieur, qui le remplace (le virus n'a qu'à bien se tenir), ainsi que le maire de Pékin, nommé il y a à peine un mois, et remplacé par Wang Qishan le 22 avril. En mai, même si la situation reste préoccupante, l'augmentation du nombre de cas de SRAS tend à diminuer. Le 25 mai, on dénombre moins d'une vingtaine de nouveaux cas pour tout le pays, dans leur majorité à Pékin. Ce jour-là, Hu Jintao s'envole pour Moscou, première étape d'une tournée internationale qui le conduit à Evian pour le G8. Le 2 juin, première journée sans qu'aucun nouveau cas de SRAS ne soit annoncé (mais 3 apparaissent cependant le lendemain). Le 16 juin, des essais de navigation à travers les écluses du Barrage des 3 gorges se déroulent sans incident.

    Depuis plusieurs jours Pékin n'annonce aucun nouveau cas de SRAS. Le 23 juin, Hongkong est retirée de la liste des lieux déconseillés par l’OMS. L’hôpital spécialisé de Xiaotangshan, à Pékin, renvoie son dernier patient.

    A la même date, les autorités chinoises, dont Jiang Zemin,  reçoivent le Premier Ministre indien, Vajpayee, visite historique retardée depuis une bonne dizaine d’années en raison du soutien affiché par l’ex-Union Soviétique à New-Delhi. Outre le problème des frontières, il s’agit de s’entendre sur les relations sino-pakistanaises. A l'issue de cette visite, de nombreuses promesses de bon voisinage et de coopération fructueuse sont faites.

    Finalement, les équipes en place semblent se sortir très honorablement des diverses situations sur lesquelles elles pouvaient être jugées : l’épidémie meurtrière du SRAS semble enrayée pour le moment ; le barrage des 3 gorges a accepté des tonnes d’eau sans exploser ; leurs efforts diplomatiques portent leurs fruits (moyen orient, sous-continent indien, G8 d’Evian, intégration dans l’OMC…), les satellites se suivent dans l’espace. L’essor démographique reste cependant inquiétant (le premier communiqué de 2003 annonce que la population a atteint le chiffre de 1.284.530.000 fin 2002).

    Le 23 juin, l’OMS annonce que les voyageurs peuvent se rendre sans restriction à Pékin, vingt jours après l’apparition déclarée du dernier cas de SRAS. Deux jours plus tard, un nouveau cas se déclare dans le Guangdong. Mme Wu Yi annonce que la Chine est prête à faire bénéficier les pays étrangers de son expérience dans la lutte contre le SRAS.

    Le 28 juin, l'Assemblée nationale ratifie l'adhésion de la Chine au traité d'amitié et de coopération en Asie du sud-est et à ses deux protocoles amendés : la Chine fait un nouveau pas en direction de l'ANSEA.

    Le 29 juin, Mme Alliot-Marie, ministre français de la Défense, se rend à Pékin où, selon des sources qui se disent bien informées, elle devrait parler avec les autorités chinoises de la possibilité de la vente du satellite-espion Helios 1 à l'armée chinoise (résolution inférieure à 1 m., alors que les satellites chinois actuels oscillent entre 1 et 3 m.). Les militaires français se montrent assez peu partisans d'une telle vente.

    A cette occasion, Jiang Zemin, en tant que Président des commissions militaires, se montre à son avantage, et occupe même la une du Quotidien du peuple. Lors d'un symposium sur la triple représentativité, Hu Jintao, qu'on attendait sur le sujet de la démocratisation au sein du parti (système des élections), se contente de tresser des lauriers à la gloire de son prédécesseur. Jiang-le-retour ? Il convient dès  lors de surveiller les agissements non seulement de Jiang Zemin, mais aussi des autres membres du comité permanent et en particulier de Zeng Qinghong, remarquable par sa discrétion depuis quelques mois : tous, à l'exception de Jiang et de Wen Jiabao, sont présents au symposium présidé par Li Changchun. Dans l'éditorial du Quotidien du Peuple du 2 juillet consacré à la Triple représentativité, les noms de Mao Zedong et Deng Xiaoping sont cités, celui de Jiang Zemin n'apparaît que dans une note. Zeng Qinghong reçoit, le 8, le Président sud-coréen en visite à Pékin.

    Le 6 juillet, les autorités décident de faire sauter une digue de la Huaihe pour tenter d'enrayer les inondations dues à des pluies incessantes. Les zones riveraines sont inondées. Dans les jours qui suivent, la situation s'aggrave autour de Chongqing : premier test pour le barrage des Trois gorges, situé en aval.

    Le 9 juillet, le premier décès en France dû aux conséquences du SRAS intervient à l'hôpital de Tourcoing : il s'agit de l'un des médecins envoyés à Hanoi en mars et dont l'organisme n'a pas supporté la fatigue causée par les soins curatifs.

    Selon des observations faites sur place, Pékin est vide de touristes étrangers ; Wangfujing, rendez-vous habituel des voyages organisés, ne voit que des Chinois. Les hôtels n'accueillent que des participants (chinois) à des conférences, réunions et autres colloques. Le marchandage est facile, tant le client est rare. L'épidémie de SRAS, si elle semble  passée, aura encore bien des conséquences sur l'économie chinoise. L'affaire Sun Zhigang semble agiter la population de la capitale. Sun est un étudiant qui avait oublié ses papiers et avait été arrêté comme migrant illégal, puis battu à mort dans un commissariat de Canton.

    Du côté de la Corée du nord, la Chine garde la main, encouragée en cela par les Etats Unis, qui se sentent piégés en Irak et ne veulent pas d'un second bourbier. Pékin est toujours empêtrée dans ses hésitations entre le soutien à apporter à ses frères d'armes et le besoin d'entretenir de bonnes relations avec Washington et Séoul, mais semble le seul interlocuteur capable de faire avancer les choses. Un autre soucis agite les autorités : les inondations se font de plus en plus menaçantes, sur la Huai, mais aussi les lacs qu'elle nourrit et sur le Yangzi, alors que le barrage des Trois gorges devaient apporter une solution radicale. Vers le 20 juillet, le comité permanent du bureau politique s'est montré, soudé en apparence, lors du congrès de la Ligue de la jeunesse communiste, à la tête de laquelle est élu Hu Wei.

    Les 23 et 24 juillet se tient à Dalian la 5ème conférence Asie-Union européenne (ASEM) qui réunit 26 participants (les 7 de l'ANSEA + Chine + Japon + Corée du sud et les 15 Européens + le représentant de la Commission européenne) autour du thème de la coopération économique et commerciale. Le président de la conférence est Lu Fuyuan, ministre chinois du Commerce (chargé, depuis la réforme de mars, du commerce extérieur). Il est bien entendu que toutes les mesures de sécurité (SRAS ou terrorisme) ont été prises. Du côté du pétrole, un record est battu, celui des importations de brut : 80.000 tonnes en douze mois, ce qui remet au goût du jour le fameux pipe-line occidental qui gêne tant les Américains.  A cinq ans des Jeux olympiques de Pékin (il est à prévoir que les mesures de sécurité seront alors draconiennes) , on dévoile le logo officiel. Si l'on veut bien tordre un peu le cou à cette image, on aperçoit le caractère "wen", qui signifie "culture". Tout un programme...

    Début août, des grandes manoeuvres réunissent , à Oucharal au Kazakhstan et dans la vallée de l'Ili, au Xinjiang, les armées des pays de l'OCS, dans l'optique de la lutte anti-terroriste. Au même moment, des attentats attribués à des islamistes se produisent en Indonésie, Al-Qaida menace les Etats Unis de représailles si les prisonniers de Guantanamo sont condamnés. Les Etats Unis sont toujours à la recherche de Saddam Hussein. Et pendant ce temps, les dirigeants chinois sont partis "aux bains de mer", à Beidaihe, pour préparer leur rentrée politique. La torpeur de l'été n'empêche pas la justice chinoise de frapper fort : le dissident Yang Jianli, mathématicien et économiste, activiste depuis 1989, est jugé en trois heures : il refuse les deux chefs d'accusation, espionnage et entrée illégale sur le territoire chinois ; il est vrai qu'il avait emprunté le passeport d'un ami, mais qui ne le ferait pas ? Quel que soit le verdict, il est probable que Yang soit renvoyé   à son point de départ, les Etats Unis, d'autant plus que le Sénat américain vient juste de tonner et menacer ceux qui jugeraient les personnalités placées sous son aile protectrice. Curieux parallèle à faire avec les menaces d'Al-Qaida. Pékin mène toujours la danse (mais qui paye les violons du bal ?) dans les pourparlers sur le nucléaire en Corée du nord : c'est en Chine qu'aura lieu le sommet qui réunira, du 27 au 29 août, les deux Corée, le Japon, la Russie, la Chine, et... les Etats Unis, qui, pour une raison qui m'échappe, se sentent voisins de Pyongyang, ou plus concernés que le reste de l'humanité (personne n'a songé à inviter le Togo, ou l'Equateur, voire les Samoa). Le Premier Ministre rappelle que son projet est d'abreuver la Chine du nord, en particulier Pékin, Tianjin et le Hebei, avec les eaux des inondations de la Chine du sud. Un Premier Ministre qui se prend pour Yu le Grand ! On annonce au même moment la création (effective) de 18.000 agences publiques pour l'emploi, l'équivalent de notre ANPE. Il est vrai que le ministère concerné déclare officiellement 24 millions de chômeurs urbains, une augmentation de 10 millions qui ne tient pas du tout compte des millions de chômeurs non déclarés et des masses rurales, laissées pour (solde de tout) compte. Yangjiang, au Guangdong, n'aura probablement pas de problèmes de chômage pour les 15 ans à venir : cette municipalité est choisie pour le site de la plus grande centrale nucléaire chinoise (6 millions de kWh).

    Le Falungong refait parler de lui : il aurait à nouveau perturbé, les 13 et 14 août,  un satellite de télécommunication, brouillant la réception des émissions de télévision d'une chaîne nationale, de la chaîne éducative et d'une dizaine de chaînes régionales. Le ministère de la Santé décide de ne plus publier de bulletin quotidien sur l'épidémie du SRAS, car les derniers patients sont sortis de l'hôpital Ditan de Pékin. Le bilan national est de 5.327 cas déclarés, et 349 morts. Une goutte d'eau à l'échelle de la Chine, qu'on peut rapprocher des 3 à 13.000 victimes de la canicule en France pour les trois premières semaines d'août (à ce propos, on a beau jeu d'accuser les Chinois d'imprécision, de minimisation, voire d'aveuglement quand ils font face à une épidémie, on n'est guère plus adroits dans le maniement des statistiques ! Mais les mangeurs de grenouilles ne sauraient manipuler les chiffres, eux...).

    Le 22 août, le IXe Congrès de la Fédération des Femmes s'ouvre à Pékin. Il élit à sa tête Mme Gu Xiulian, également vice-Présidente de l'ANP, qui présente les objectifs de la Fédération pour les vingt années à venir. Elle propose, par exemple, que l'âge de la retraite soit le même pour les hommes et les femmes (50/55 ans pour les ouvriers, 55/60 ans pour les cols blancs). Elle demande également que plus de femmes atteignent les hauts postes du gouvernement et de l'administration. Car si elles couvrent depuis longtemps la moitié du ciel, les femmes chinoises ne se sentent néanmoins pas plus favorisées que leurs consoeurs d'Occident.

    Les délégations qui doivent participer à la réunion sur la péninsule coréenne et le problème du nucléaire en Corée du nord arrivent à Pékin pour une réunion de trois jours, à partir du 27 août. Kim Yong-il dirige le groupe nord-coréen, Wang Yi, vice-ministre des Affaires étrangères, le groupe chinois, A. Losiukov le russe, James Kelly l'américain, Mitoji Yabunaka le japonais, Lee Soo-Hyuck le coréen du sud. Chinois et Russes se déclarent confiants, mais les Coréens du nord annoncent que tout dépend de l'attitude des Etats Unis. Ces deux délégations s'adressent la parole pour la première fois depuis un an. Après tout, ce sont ces deux pays qui auraient le moins à perdre en cas de conflit régional autour de la Corée, Pyongyang puisque sa situation ne peut être pire, Washington parce qu'un tel conflit ne toucherait pas à ses frontières. La Chine semble pouvoir jouer le rôle de médiateur, ou de modérateur, autour de  la table de discussion (ou de négociations ?). Le sommet s'achève sur des déclarations lénifiantes, dont on peut retenir que les interlocuteurs se rencontreront dans deux mois, le lieu et la date précise restant à déterminer. On en conclut qu'à défaut de grands décisions, le dialogue reprend, dans la douleur. Wang Yi précise qu'il ne faut pas oublier la sécurité de la Corée du nord en cas de dénucléarisation de la péninsule. Le 8 septembre cependant, l'ambassadeur de Corée du nord en Russie déclare que Pyongyang ne voit pas l'intérêt de poursuivre des discussions multipartites sur le sujet. On célèbre ce même jour le 55ème anniversaire de la fondation de la République démocratique de Corée.

    Début septembre, les autorités sanitaires demandent à toute la population de se prémunir contre un possible retour de la pneumopathie atypique pendant l'hiver. Ce qui n'empêche pas les marchés du Guangdong de proposer à nouveau des mets de choix comme la civette et le ragondin, réputés pour transporter un coronavirus ressemblant à 99,8% à celui qui a infecté la Chine et, par delà, le monde. Certains chercheurs envisagent qu'un autre animal "réservoir" ait pu lui-même infecter ces animaux "de table". Pourvu que ce ne soit pas le yéti, qui hante les forêts de Shennongjia. Pour nous rassurer, les chercheurs de Singapour annoncent qu'ils ont mis au point un test de dépistage du SRAS qui ne nécessite qu'un quart d'heure (pour découvrir la maladie, pas pour la soigner). C'est justement à Singapour qu'on annonce le 8 septembre le premier cas de pneumopathie depuis la fin de la première alerte, le 5 juillet. Mais l'OMS se veut rassurante : ce cas ne correspond pas exactement à la définition donnée par l'Organisation, donc l'étudiant en biologie de l'université de Singapour peut tousser autant qu'il veut, la maladie se doit de répondre aux injonctions de l'OMS. Voilà qui ressemble aux hésitations dont elle a fait preuve en janvier, lorsque des médecins ont signalé des cas de pneumonies inédits dans le Guangdong, et que l'OMS a mis plusieurs semaines avant de réagir. Sur place (fin septembre), les contrôles sont en place : à l'aéroport, tous les passagers sont tenus de remettre à un cordon sanitaire un questionnaire de santé (mais personne ne juge de la véracité des déclarations des voyageurs) ; le ministère de la Santé publie à nouveau le nombre de cas déclarés (zéro avant la Fête nationale, le 1er octobre) ; les hôpitaux sont déclarés sur pied de guerre. Pourtant, et au moins à Pékin, personne n'a ressorti les masques, la vie a repris un cours normal. Pendant ce temps, les autorités françaises se décident à annoncer que la canicule de l'été (du 1er au 15 août) a fait quelque 14.800 morts.

    Les préparatifs de la ZLECA (Zone de libre échange Chine - ANSEA) se poursuivent, cette région devrait ressembler, avec l'adjonction du Japon et de la Corée, à un gigantesque marché européen d'ici 2010. De même, la réunion de l'OCS du 23 septembre à Pékin souligne dans un communiqué commun les succès enregistrés depuis le sommet de Moscou. On voit se dessiner un immense territoire d'échanges commerciaux (entre autres) et d'association politique quand cela sera possible, qui englobera l'Asie du sud-est, l'Extrême Orient, la Russie et les républiques d'Asie centrale, avec comme trait d'union la Chine. Une réunion tenue à Bali début octobre permet de lancer une idée de partenariat stratégique régional, auquel le Japon, la Corée du sud sont invités à s'associer, au même titre que l'Inde.

    Selon Chine nouvelle (mercredi 24 septembre, d'après  la China Aerospace Science and Industry Corp (CASIC), la Chine a testé avec succès un lanceur de satellites à quatre étages utilisant du carburant solide, devenant ainsi le troisième pays après les Etats-Unis et la Russie à maîtriser cette technologie. Le premier spationaute chinois est annoncé dans les airs pour la première quinzaine d'octobre. Ne pouvant décidément pas cacher un tel lancement, les autorités chinoises chargent la télévision centrale d'annoncer qu'elle est mobilisée pour couvrir l'événement à partir du 15 octobre. A l'étranger, les médias se déchaînent pour découvrir à qui les plans du matériel ont été dérobés : on croit voir Arianne dans le lanceur, les russes dans une partie du module, on se perd on conjectures en ce qui concerne la capsule. Mais on n'arrive pas à imaginer que les calculs des Chinois donnent les mêmes résultats que ceux des occidentaux. C'est finalement le 15 octobre à 9 h 10 que Shenzhou V décolle de Jiuquan - les Sources de l'alcool -, au Gansu (la Suzhou de Marco Polo, tout au bout de la grande muraille, près de Jiayuguan), avec à son bord le lieutenant colonel Yang Liwei. Le voyage, prévu pour une durée de 21 heures et 23 minutes, n'est pas retransmis en direct à la télévision, mais dès que le lancement est annoncé comme réussi, l'Agence Chine nouvelle se déchaîne, et le public sait que les plats préparés sont chinois (du riz, du poulet, du thé... franchement, ils auraient pu préciser si le cosmonaute, que les journalistes en mal d'exotisme appelle un taikonaute, comme s'ils avaient russisé le métier de Gagarine, utilisait des baguettes de bambou !). On apprend aussi que la tenue que porte Yang Liwei est d'une extraordinaire qualité. La Chine devient ainsi d'un seul coup une puissance incontournable aux yeux de ceux qui attendaient, le dos tourné (vers leur nombril), que la Chine s'éveille. Les autorités chinoises en profitent pour stigmatiser une nouvelle dois les activités du Falungong, accusé cette fois d'avoir empêché la retransmission du décollage de ShenzhouV en émettant un signal parasite sur Sinosat entre 6h et 7h45 ; cela permet de répondre à la protestation des téléspectateurs mécontents de n'avoir pas eu droit au direct. Mais le décollage a eu officiellement lieu à 9h, soit plus de deux heures après la fin des émissions du Falungong, basé pour la circonstance à Taiwan... Dans l'enthousiasme, Pékin annonce un second vol habité à venir, la mise sur orbite du second satellite sino-brésilien pour le 21 ou 22 octobre (avec une fusée Langue Marche IV, cette fois), la construction d'une nouvelle base de lancement plus proche de l'équateur, l'utilisation pacifique de l'espace, la présence à bord du vaisseau de graines venant de Taiwan, ainsi que le drapeau des Jeux olympiques de 2008, celui de l'ONU, un billet de la monnaie chinoise...

    Cette mi-octobre voit également la fin du 3ème plénum du congrès du PCC, dont la principale déclaration concerne une modification de la constitution, qui sera publiée au printemps 2004, après passage par l'Assemblée nationale populaire. L'épidémie de SRAS est attendue de pied ferme ; les hôpitaux sont en alerte, le bulletin quotidien reste plat, mais la température baissant, les autorités sanitaires redoublent d'attention. Et pour renforcer sa position internationale, la Chine délègue un envoyé spécial, Wang Shijie, au moyen orient, qui se rendra entre autres en Israël et en Palestine. Hu Jintao représente la Chine au sommet de l'APEC, le 20 octobre, lorsque le président Bush vient réclamer aide et coopération dans la lutte contre le terrorisme. Depuis que certaines organisations ouïghoures ont été mises au ban de la société, la Chine n'a rien à refuser à cette lutte. Le 13 octobre, Pékin avait publié un document destiné à renforcer la coopération avec l'Union européenne sur le plan commercial, papier s'achevant par la demande de la levée de l'interdiction de vente d'armes par les Européens à la Chine.

    Le forum de Boao (du nom d'un village du sud de l'île de Hainan) adopte le 1er novembre sa charte : ce forum, fort de 117 membres, se donne pour but de favoriser les échanges commerciaux, en Asie d'abord, dans le monde ensuite. Entre l'ANSEA, l'OCS et ce forum, voilà l'Asie et ses proches voisins organisés et prêts à toute éventualité ; l'UE et le MERCOSUR n'ont qu'à bien se tenir.

    L'entreprise française Thomson annonce le 3 novembre la signature d'un accord avec le chinois TCL Corp. aux termes duquel une co-entreprise de fabrication de téléviseurs est créée en Chine, dont Thomson possède 30% des actions. Autant dire que la branche des téléviseurs échappe désormais à la partie française. Le temps est loin, où Thomson n'avait pas droit de Cité interdite, en raison de son implication dans l'affaire de la vente de frégates à Taiwan (frégates désarmées à l'origine). Le 10 du même mois, c'est Camping Gaz qui annonce la délocalisation de sa production de chalumeaux, réchauds et lampes en Chine. Est-il si éloigné, le jour où le locataire de l'Elysée ne parlera plus que chinois ?. L'entreprise n'était certes plus française depuis que l'américain Coleman l'avait racheté en 1996, mais il n'empêche que 157 personnes vont se retrouver sur le pavé. Quant à Lacoste, qui vient juste de régler son problème juridique à l'amiable avec son concurrent Crocodile Garments de Hongkong (20 ans de procédure judiciaire), le voilà dans un nouveau procès avec d'autres crocodiles de Singapour, Crocodile International. Voilà des sauriens qui ressemblent fortement à des requins.

    Le 23 novembre à Hongkong, lors des élections de districts, le parti favorable à Pékin, l'Alliance pour un meilleur Hongkong (DAB), de Tung Chee-hua, perd la majorité au profit du parti démocrate de Yeung Sum. Les conséquences de ce revirement ne se feront sentir qu'en septembre 2004, lors des élections législatives, mais il n'en demeure pas moins que Pékin va devoir surveiller de près l'ex-colonie britannique. Pour ne pas perdre la main sur l'échiquier asiatique, les autorités chinoises tentent de relancer le processus de négociations sur le problème nucléaire en Corée du nord.

    Selon une source généralement très bien informée, la réforme de la Constitution, préparée par le Parti pendant l'été et devant être officialisée en mars (est-il constitutionnel que ce soit le parti qui réécrive la constitution ?) portera entre autres sur les points suivants : dans le préambule sera inscrite la théorie de la triple représentativité, si chère à Jiang Zemin, rédigée par Zeng Qinghong, et qui fait tant rire la population ; la mention des droits de l'homme ; la reconnaissance de la propriété privée, sous la forme 私有. Et à propos de droits de l'homme, on continue les incarcérations de cyber-dissidents, comme Du Daobin au Hubei, Li Zhi à Chengdu ou Jiang Lijun, à Pékin (Amnesty International en dénombre une quarantaine pour l'instant). On n'a aucune nouvelle du baromètre du SRAS mis en place par le ministère de la Santé. Soit le compteur reste à zéro, soit les chiffres sont trop catastrophiques pour ne pas être classés secret d'Etat. Soyons optimistes : le SRAS doit être contrôlé !

    En ce qui concerne les relations franco-chinoises, l'ouverture de la ligne directe Paris-Canton est annoncée pour janvier 2004, avec une montée en puissance en juin (9 vols hebdomadaires prévus à cette date, par Air France et China Southern Airlines). Le ministre français de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, M. Francis Mer, effectue d'ailleurs un voyage en Chine (après le Japon), au cas où les Chinois auraient un contrat à signer. Il est à Shanghai-¨Pudong et Pékin les 29 et 30 novembre, c'est-à-dire un samedi et un dimanche, selon l'agenda officiel des ministres, jusqu'au mardi 2 décembre selon l'Ambassade de France en Chine. Quelqu'un a bien dû lui dire pourtant que les Chinois ne travaillaient plus pendant le week-end ! Il est accompagné d'industriels (Thomson, Sagem, Suez, Alcatel, Thales, France Télécom, Bouygues Télécom)  et de parlementaires (3 UMP, 1 PS). Et comme prévu, la France vend 4 Airbus A319 à Sichuan Airlines (ces appareils ont été déjà vendus à la Chine en Avril, parmi 30 autres). Le jour où M. Mer quitte la Chine arrive à Pékin le chancellier allemand, accompagné d'industriels.

    Hainan reste une île-province de rêve : c'est là qu'est organisée, le 6 décembre, l'élection de Miss Monde. La candidate chinoise prend la troisième place. Les journalistes occidentaux notent que l'événement n'est pas retransmis à la télévision. Le Premier Ministre, dès la clôture de la cérémonie, part pour une visite officielle aux Etats Unis. Il sait pertinemment que le problème de Taiwan, des droits de l'homme, des importations américaines de textile et bien d'autres encore, ne sont pas réglés. La question est de savoir s'il sera à la une de Times, affublé d'un chapeau de cow-boy, comme l'avait été avant lui Deng Xiaoping.

    M. Zhou Ganzhi, conseiller au ministère de la Construction (et ancien vice-ministre) propose qu'on déplace 100 millions de paysans des régions occidentales vers l'est, plus précisément vers les zones Pékin-Tianjin, du bassin du bas Fleuve Jaune et le delta de la rivière des Perles. La raison en serait que cette main d'oeuvre inutilisée dans les campagnes de l'ouest et du centre de la Chine trouverait des emplois dans ces nouvelles régions urbanisées. Il signale au passage que 220 millions de paysans sont en trop dans l'agriculture (le China Daily  du 8 décembre utilise le terme de "surplus"). Est-ce à dire qu'il y a 220 millions de chômeurs ruraux, qui s'ajouteraient aux quelque 22 millions de chômeurs urbains ?

    Pendant la troisième semaine de décembre, le SRAS réapparaît dans un laboratoire de Taiwan. Pékin propose ses services et en profite pour rappeler que sur le continent, on est prêt à tout. L'arrestation de Saddam Hussein est commenté avec prudence, car on se souvient qu'on saluait, dans les années 80, les activités du dirigeant irakien. Mais on profite de l'agitation mondiale pour publier (dès le lendemain) la liste de quatre organisations "terroristes" (le Mouvement islamique du "Turkestan oriental", l'Organisation de libération du "Turkestan oriental", le Congrès mondial de la jeunesse ouighour et le Centre d'information du "Turkestan oriental") et de 11 "brigands" du Xinjiang, tous ouighours bien sûr (Hasan Mahsum, Muhanmetemin Hazret, Dolqun Isa, Abudujelili Kalakash, Abudukadir Yapuquan, Abudumijit Muhammatkelim, Abudula Kariaji, Abulimit Turxun, Huadaberdi Haxerbik, Yasen Muhammat, et Atahan Abuduhani - on s'étonne presque de ne pas voir apparaître le nom de BenLaden !). Le président israélien, Moshe Katsav, arrive en Chine où il est reçu avec le tapis rouge et par son homologue Hu Jintao.

    Fin décembre, la Chine procède à la mise sur orbite d'un satellite sino-européen chargé de l'étude de la magnétosphère, lancé par une fusée Longue Marche à partir de Xichang. Un puits de gaz explose près de Chongqing et fait 233 victimes, ce qui n'empêche pas le gouvernement chinois de dépêcher des sauveteurs en Iran pour participer aux recherches dans les décombres de Bam, dévastée par un tremblement de terre. Plus inquiétant est la réapparition du SRAS, toujours dans la région de Canton. D'abord sur un membre du corps médical (mais dont on n'a plus de nouvelles au bout de quelques jours, le cas ne devait pas être avéré), et surtout, le 27 décembre, un habitant des environs de Foshan soigné dans un hôpital de Canton, et qui n'avait été en contact ni avec le corps médical, ni avec les dresseurs d'animaux. L'OMS envoie immédiatement un expert australien pour l'auscultation et l'éventuelle confirmation du cas, les autorités sanitaires du pays mettent en place un dispositif de surveillance renforcée, imitées en cela par Hongkong. Où en sont donc les civettes, accusées de transporter le germe ? Le 31, dernier jour de l'année grégorienne, le cas est infirmé. Les restaurants exotiques (et l'exotisme dans les assiettes de Canton est poussé très loin) vont pouvoir offrir des réveillons à base de scorpions, singes, vers à soie et autres facéties.

L'année 2003 s'achève donc tranquillement, malgré les accidents dus aux pétards  (les Chinois ont inventé la poudre, et en même temps, les accidents dans les usines de fabrication de feux d'artifice). Pour fêter l'événement, je change de page, celle-ci commençant à être lourde lors du chargement quand on ne dispose pas du haut débit. Rendez-vous pour l'année 2004 sur un nouvel espace.