Quelques biographies

           Voici, pour référence, les éléments biographiques de quelques personnalités qui ont marqué ou marquent encore la République populaire de Chine : Bao Tong, Bo Xilai, Chen Duxiu, Deng Xiaoping, Hu Jintao, Hu Qili, Hu Yaobang, Hua Guofeng, Mme Jiang Qing, Jiang Zemin, Lao She, Li Dazhao, Li Keqiang, Li Lisan, Li Peng, Lin Biao, Liu Shaoqi, Liu Xiaobo, Liu Zhidan, Lu Xun, Mao Zedong, Qiao Shi, Sun Yat-sen, Wen Jiabao, Wu Bangguo, Xi Jinping, Yang Liwei, Zeng Qinghong, Zhao Ziyang, Zhou Enlai, Zhu Rongji.

(Désolé, cette page risque d'être un peu longue à télécharger, car elle contient plusieurs photos).

 

BAO TONG

 

  Bao Tong est né à Shanghai en 1932 où il a passé toute sa jeunesse. Diplômé de l'école secondaire en 1949, il adhère la même année au Parti Communiste. Rapidement muté à Pékin, il travaille au Département de l'organisation du Comité Central où il est chargé de la gestion des cadres.     C'est une figure mal connue de la politique chinoise, même si, en tant que Secrétaire particulier de Zhao Ziyang, il a été associé de près à l'action politique des dernières années.     Outre ses fonctions au cabinet du Premier Ministre, Bao assumait depuis février 1984 la vice-présidence de la Commission d'Etat à la restructuration du système économique dirigée jusqu'en avril 1987 par Zhao Ziyang lui-même. Il a à ce titre accompagné Zhao en Grande-Bretagne, en R.F.A. et aux Pays-Bas en juin 1985 et en Roumanie, Yougoslavie, Grèce, Espagne, Turquie et Tunisie en juillet 1986.

      Bao joue depuis le début de l'année 1987 un rôle actif dans le domaine de la propagande pour le compte de Zhao. Après les manifestations étudiantes de l'hiver 1986, Bao Tong publiait dans le Quotidien du Peuple un article remarqué dans lequel il invitait les jeunes Chinois à  miser sur le "poulain"  socialiste plutôt que sur le "vieux cheval" capitaliste. Bao a été l'un des rédacteurs du rapport politique présenté par Zhao Ziyang au Congrès, notamment de la partie consacrée au concept de la "phase initiale du socialisme".

       Alors qu'on s'attendait à ce qu'il soit promu dans les instances supérieures du Parti à l'occasion du 13ème Congrès en octobre 1987, Bao Tong n'est élu qu'au Comité Central. Cependant, selon le WenWeiPo de Hong Kong, il est nommé peu après secrétaire politique du Comité Permanent du Bureau Politique. Cette fonction créée pour lui, semble-t-il, devait lui permettre de jouer auprès de Zhao Ziyang, après son départ du Gouvernement, le même rôle d'influence. En février 1988, le Quotidien du Peuple annonce sa nomination à la tête du "Centre de recherches du Comité Central sur la réforme politique".

Mais après les événements de Tiananmen en juin 1989, il est totalement écarté, considéré comme un dissident, et ne réapparaît plus officiellement. Il est condamné à 6 ans de prison. On peut considérer qu'il a joué auprès de Zhao le même rôle que celui que joue Zeng Qinghong auprès de Jiang Zemin.

               Diplômé de l'Université Saint-John's de Shanghai, Bao Tong parle couramment l'anglais et a des notions de français. Son épouse occupait un poste de responsabilité au Département de traduction des oeuvres marxistes-léninistes du Comité Central.

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BO XILAI

       Fils de Bo Yibo, l'un des tout premiers membres du parti communiste chinois, compagnon d'armes de Mao, devenu économiste distingué dès 1949, sous les ordres de Chen Yun puis de Deng Xiaoping, Bo Xilai est né en juillet 1949 à Dingxiang, au Shanxi.

       Il fait ses études secondaires au lycée de Pékin réservé au fils de hauts cadres, mais la Révolution culturelle et le simple défaut d'être fils de son père l'envoient d'abord à la campagne, puis dans une usine de réparation de machines à laver. Il lui faut attendre la fin de la GRCP pour reparaître à Pékin, dans un bureau du 2ond ministère de l'Industrie légère..

     Membre du parti depuis 1980, il est diplômé du département d'histoire de l'université de Pékin en 1977 et de l'institut de journalisme de l'Académie des Sciences Sociales en 1982, date à laquelle il devient membre du centre de recherches du Secrétariat du Comité central. En 1984, il accède aux fonctions de secrétaire-adjoint, puis secrétaire de Jinxian, il effectue la suite de sa carrière à Dalian, au Liaoning, d'abord dans la zone de développement économique et technique (secrétaire-adjoint, puis secrétaire du parti). Après un intermède en tant que secrétaire du parti de Jinzhou (toujours au Liaoning), il devient vice-maire, secrétaire-adjoint du parti, et enfin maire de Dalian en 1993, en même temps que député à l'Assemblée nationale populaire. On lui prête le succès de l'équipe de football de la ville, dans laquelle il n'hésite pas à faire venir des joueurs étrangers.

     Il ne peut se faire élire au Comité central en octobre 1992, mais il y accèdera en 2002, avec un brio qui lui permet d'envisager son entrée au bureau politique en 2007. Certains voient mêm en lui le sucesseur de Hu Jintao.

    En janvier 2001, il est élu gouverneur-adjoint, puis gouverneur par interim, du Liaoning. puis gouverneur de la province en 2003. En février 2004, il hérite du tout nouveau ministère du Commerce (qui regroupe commerce intérieur et commerce extérieur). Il doit faire face aux problèmes que posent les relations avec l'OMC, mais surtout, il se retrouve en première ligne lorsque éclate l'affaire des exportations chinoises de textile. Après un voyage en Europe, il reçoit à Shanghai, début juin 2005, le commissaire européen Mandelson, avec lequel il parvient à un accord qui évite (provisoirement ?) un conflit commercial à ce sujet. M. Loos, ministre français délégué au Commerce extérieur, le décrit comme charmeur, direct, s'exprimant avec classe et sans notes.

De février 2004 à novembre 2007, il est ministre du Commerce et, à partir de décembre 2007, secrétaire du parti communiste de Chongqing où il se rend populaire en 2009 par sa lutte virulente contre la mafia locale : plus de 2 000 personnes ont été mises en prison dont des directeurs de la police. Son ascension politique s'interrompt brusquement début 2012 dans le cadre d'affaires financières et criminelles, incluant celle du meurtre de l'homme d'affaire britannique Neil Heywood, dans laquelle son épouse Gu Kailai est condamnée, et des écoutes téléphoniques illégales de hauts dirigeants. Il est démis de ses fonctions de chef du parti communiste de Chongqing en mars 2012, puis exclu du Comité central du PCC le 10 avril.

 

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CHEN DUXIU

                Né en 1879 dans une famille de mandarins aisés de l'Anhui, Chen Duxiu reçoit tout d'abord une éducation classique. Après un premier séjour dans une université de Tokyo de 1900 à 1902, il se rend en France de 1907 à 1910. Enseignant, il défie ouvertement les autorités en participant à divers mouvements révolutionnaires. Il lance à Shanghai, en septembre 1915, la revue Jeunesse qui deviendra, en 1916, Jeunesse nouvelle, où il prône la démocratie libérale, l'évolutionnisme et l'esprit scientifique.

                Nommé à l'université de Pékin en 1916, il y acquiert un prestige considérable auprès des étudiants. Avec Hu Shi, il se prononce pour l'abandon de la langue classique et son remplacement par la langue parlée. Il est arrêté pour avoir participé activement au mouvement du 4 mai 1919. Il se réfugie ensuite à Shanghai, dans la concession française, et prend contact avec Voltinsky , émissaire du Komintern.  Il réunit le 1er juillet 1921 le premier congrès du parti communiste chinois, dont il devient secrétaire général. Il reste prudent en ce qui concerne les idées d'alliance avec la bourgeoisie que lui souffle le Komintern.

                Sa ligne politique est condamnée au sein du parti en 1927, après la rupture du front uni avec le Guomindang. Accusé de trotskisme, il est exclu du parti en 1929.

                Il est emprisonné par le Guomindang de 1932 à 1937, date à laquelle la reconstitution du front uni lui permet d'être libéré. Il meurt en 1942, et porte dès lors l'étiquette de "capitulationniste de droite".

                La réécriture de l'histoire du parti lui permet actuellement de regagner quelques honneurs.

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DENG XIAOPING

Deng Bin

                        

Deng Xiaoping en France

        Né le 22 août (ou le 12 juillet) 1904 dans une famille de propriétaires fonciers de Guang'an, au Sichuan, Deng Xiaoping, après une scolarité sans incident, suit à partir de 1918 à Chongqing des cours destinés aux candidats devant se rendre en France, pays où il vivra du 13 décembre 1920 au 7 janvier 1926. De Marseille, il se rend au collège de Bayeux, à Fontainebleau, à Châtillon sur Seine, à Saint-Etienne, à Flers, au Creusot (Schneider), à Montargis (Hutchinson), adhère au Parti communiste chinois en 1924 et se spécialise dans le tirage des stencils de Lumière rouge (Chiguang), le journal de la Ligue et de la section européenne du PCC. Entre octobre 1925 et janvier 1926, il pointe aux usines Renault de Boulogne-Billancourt et préside plusieurs réunions des communistes chinois. Fuyant la police française qui le fiche sous le nom de Teng Hi-hien, il effectue un séjour à l'institut Sun Yat-sen de Moscou et regagne la Chine.

        Il est d'abord affecté à l'état major de Feng Yuxiang qu'il quitte en 1927 pour rejoindre le parti à Shanghai, juste à temps pour participer à la "conférence du 7 août" qui condamne la ligne de Chen Duxiu, et y rencontrer Mao Zedong pour la première fois. En 1928, il épouse Zhang Xiyuan, une étudiante rencontrée à Moscou, qui mourra en 1930 lors d'un acouchement difficile. L'année suivante, il s'occupe d'une base au Guangxi (1929-1930) et dirige le soulèvement de Baise, puis rejoint avec les restes de la 7ème armée rouge, la base soviétique centrale du Jiangxi, dirigée par Mao Zedong. Il y devient chef d'état-major du IIIème groupe armé, commandé par Peng Dehuai, puis rédacteur en chef du Journal de l'armée rouge. Il s'engage aux côtés de Mao dans la lutte qui l'oppose aux "Shanghaiens". En 1934-1935 il participe à la Longue marche et devient commissaire politique-adjoint dans le Ier groupe armée, commandé par Lin Biao  (de la Longue marche, il dit seulement : "J'ai suivi, j'ai suivi"). Il occupe peu après les mêmes fonctions dans la 129ème division de la 8ème armée de route, commandée par Liu Bocheng. De sa base dans les monts Taihang, il revient brièvement à Yan'an pour se marier avec Pu Qiongying (Mme Zhuo Lin ). Les troupes Liu/Deng franchissent le Fleuve Jaune en juin 1947 et s'installe dans les Dabieshan. Il est l'un des artisans de la victoire de la fameuse bataille de la Huai-Hai, en 1948-1949, qui ouvre la route de Shanghai et écarte définitivement les armées de Jiang Jieshi.

        A partir de 1949, il dirige d'abord, aux côtés de Liu Bocheng et He Long, l'administration civile et militaire du sud-ouest. Nommé premier secrétaire du parti de bureau du comité central en Chine du sud-ouest, il supervise, depuis Chongqing, les opérations de "pacification" du Tibet. Il est appelé à Pékin en 1952 pour être nommé vice-Premier Ministre et Secrétaire-Général du Gouvernement. Membre du Comité Central depuis 1945, il en est nommé Secrétaire Général en 1955 et devient membre du Bureau Politique l'année suivante. Ainsi, pendant plus de dix ans (1955-1967), Deng est placé au coeur de la bureaucratie et exerce dans l'ombre la réalité du pouvoir, ce que Mao Zedong lui reprochera crûment en 1966 : "Non seulement Deng est dur d'oreille, mais il s'assied toujours loin de moi et il n'en fait qu'à sa tête". Maître de l'appareil, Deng réussit à infléchir ou à ignorer parfois les directives maoïstes au profit d'une politique moins contraignante. Il regrettera cependant, dans un entretien accordé à la journaliste Oriana Fallaci, en août 1980, de ne pas s'être opposé au Grand bond en avant. Au début des années 60, en visite au Sichuan, il utilise un proverbe local : "Peu importe qu'un chat soit jaune ou blanc, pourvu qu'il attrape les souris." Ses adversaires changent le jaune pour du noir, et accusent aussitôt Deng de droitisme, en 1962. En vain.

        Le déclenchement de la Révolution Culturelle et la chute de Liu Shaoqi en 1967 permettent à Mao de se débarrasser de ce Secrétaire Général trop encombrant. Dénoncé comme le "Second Krouchtchev chinois", "le personnage n°2 engagé sur la voie du capitalisme", il est placé en résidence surveillée à Zhongnanhai. Puis il est envoyé en "rééducation" au Jiangxi (1969-1972), où il peut remettre en valeur ses talents d'ajusteur appris aux usines Renault. Sa famille disloquée, est soumise à de pénibles épreuves : l'un de ses fils, Deng Pufang , défenestré par les gardes rouges, restera infirme pour la vie (une autre version indique que Pufang, enfermé dans un laboratoire contenant des matières radio-actives, se serait lui-même jeté par la fenêtre).

        La mort de Lin Biao  en 1971 et la brusque maladie du Premier Ministre Zhou Enlai amènent Mao à rappeler Deng à Pékin en 1972, pour prononcer l'éloge funèbre du maréchal Chen Yi. De nouveau chargé des "affaires courantes" à partir d'avril 1973, il entreprend de "réviser" les préceptes de la Révolution Culturelle. C'est à cette époque qu'il se rend en visite officielle à l'ONU (1974) et en France (1975), où il apparaît comme le successeur de Zhou Enlai et l'homme d'une nouvelle orientation de la Chine. Mais la mort du Premier Ministre en 1976 entraîne une épreuve de force entre Deng et les éléments les plus radicaux rassemblés autour de Mme Jiang Qing. Désavoué par Mao pour avoir refusé de chanter les louanges de la Révolution culturelle le 20 novembre 1975, Deng Xiaoping connaît une nouvelle disgrâce. La Bande des quatre l'accuse d'avoir organisé des manifestations "spontanées" à la mémoire de Zhou Enlai, le 4 avril 1976. Deng se retire chez lui, et ne peut intervenir ni lors de la mort de Zhu De , le 6 juillet, ni lors du tremblement de terre de Tangshan, le 27 juillet. Malade, il est soigné pendant plusieurs mois à l'hôpital des Collines parfumées, près de Pékin, lors du décès de Mao Zedong et la prise du pouvoir par Hua Guofeng, à l'automne.

        Il est rappelé triomphalement en juillet 1977. Réélu membre du Comité Permanent du Bureau Politique et Vice-président du PCC, reconduit dans ses fonctions de Premier vice-Premier Ministre, Deng s'assure en quelques mois le contrôle du pouvoir et réinstalle aux postes-clés ses fidèles. En décembre 1978, lors d'une session "historique" du Comité Central, il renverse définitivement en sa faveur la majorité du Parti, qui approuve les grandes orientations de la charte "pragmatique": démaoïsation, réformes économiques, ouverture sur l'étranger.

        Le conflit entre Deng et le "successeur désigné" de Mao à la tête du Parti et du gouvernement devient alors inévitable. Hua Guofeng, qui a dû renoncer à ses fonctions de Premier Ministre en 1980 au profit de Zhao Ziyang, démissionne de la présidence du Parti en juin 1981, à la suite du procès de la "Bande des quatre". Hu Yaobang, un proche de Deng lui succède. Deng, quant à lui, se réserve le coeur du pouvoir en prenant le commandement en chef des forces armées, où s'expriment par ailleurs les résistances les plus fortes à sa politique.

        Revenu au pouvoir à 74 ans, Deng Xiaoping n'a de cesse de préparer sa succession. Au XIIème Congrès du Parti (septembre 1982), il se retire en "deuxième ligne" et devient Président de la nouvelle Commission des Conseillers du PCC, où il rassemble les vétérans du Comité Central qu'il désire écarter des leviers effectifs du pouvoir. Cinq ans plus tard, en dépit de la crise qui a conduit, en janvier 1987, au limogeage de son dauphin Hu Yaobang, Deng quitte en compagnie des autres vétérans le Comité Permanent du Bureau Politique et ne conserve que la présidence de la Commission des affaires militaires du Comité Central (et de celle de l'Etat). Le XIIIème Congrès met aux commandes son nouveau dauphin, le Secrétaire Général du Parti Zhao Ziyang.

        Il se lance dès lors dans un pari dont il mesure lui-même les risques : faire entrer son pays dans l'âge moderne sans altérer la nature du système. Le maître de la Chine incarne mieux que quiconque la contradiction entre conservatisme idéologique et politique et réformisme économique qui explique en partie les soubresauts de la politique chinoise de cette période. Le départ, en janvier 1987, de son dauphin Hu Yaobang en est un important épisode. En dépit des liens qui l'unissaient à ce dernier, Deng Xiaoping a choisi de s'en séparer pour préserver l'unité de l'équipe au pouvoir. Il nomme à sa place Zhao Ziyang, nouveau dauphin dont la crise du mouvement contestataire de 1989 cause également la perte.

        En 1992, il confie tout le pouvoir à Jiang Zemin, après avoir effectué une dernière tournée d'inspection à Shanghai et en Chine du sud. On ne le revoit plus qu'épisodiquement, et les rumeurs sur son état de santé guide les fluctuations de la bourse de Hongkong.

        Il a imprimé également une marque très profonde à la politique étrangère chinoise qui reflète aujourd'hui la priorité absolue accordée à la construction économique. Désireux d'obtenir le concours de l'Occident, Deng a présidé personnellement à la normalisation des relations sino-américaines et sino-japonaises. Le Japon en 1978 et les Etats-Unis l'année suivante sont les deux derniers pays visités par Deng Xiaoping qui, par la suite, ne se déplace plus à l'étranger. La normalisation sino-soviétique, dont il a supervisé toutes les étapes jusqu'au sommet de mai 1989, est également à mettre à son crédit.

        Deng, en dépit d'un certain affaiblissement, est resté alerte jusqu’à son décès, le 19 février 1997 : le regard vif, "narquois" disait Mao, une cigarette toujours à portée de la main, celui dont on dit qu'il est l'un des meilleurs joueurs de bridge du pays évoque, dans la mémoire collective, le souvenir des "empereurs éclairés". Lui-même décrivait le secret de sa longévité par un optimisme à toute épreuve : si le ciel tombe, dit-il, on le retiendra à bout de bras.

        Il a droit à des funérailles nationales, et ses cendres sont dispersées en mer à partir d'un avion militaire dans lequel ont pris place tous ses proches.

 

Sa famille :

Deng Wenming, son père, et Zhang Shi , sa mère.

Deng Shaosheng , son oncle.

Deng Ken , son frère.

Mme Zhuo Lin (Pu Qiongying), son épouse. Décédée le 22 juillet 2009, à l'âge de 93 ans.

Deng Pufang : fils aîné né en 1943, paraplégique à la suite de la Révolution culturelle, réélu Président de la Fédération chinoise des Handicapés en septembre 2003, et Gao Suning , son épouse.

Deng Zhifang : fils né en 1952, et son épouse Liu Xiaoyuan.

Deng Lin : fille aînée née en 1941, et son époux, Wu Jianchang.

Deng Nan, fille née en 1947 (ou 1945), et son époux Zhang Hong.

Deng Rong, dite Maomao, fille née en 1950 (fille préférée, biographe), son époux He Ping, leur fille, Yangyang , qui accompagnait régulièrement jusqu'en 1989 son grand-père pour la cérémonie de plantation volontaire d'arbres à Pékin.

Ding Peng, nièce.

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HU JINTAO

 

        Originaire de la province de l'Anhui où il naît en décembre 1942 à Jixi (son père y était négociant en thé), Hu Jintao, membre du parti communiste depuis 1964, est diplômé du département d'ingénierie de la prestigieuse université scientifique de Qinghua (il y est secrétaire de la troupe de danse), à Pékin, en 1965, soit à la veille de la Révolution Culturelle. Cet épisode en fait un farouche adversaire de l'extrême gauche.

        De 1968 à 1973, il est technicien et secrétaire-adjoint du parti du bureau 813 du 4ème bureau d'ingéniérie du ministère de l'Eau et de l'Energie et part sur le chantier du barrage de Liujiaxia, au Gansu.

        Affecté à la Commission de la Construction provinciale en 1974 dans la province pauvre du Gansu, dans l'ouest de la Chine, il prend part à la réalisation de plusieurs projets hydroélectriques sur le cours supérieur du Fleuve Jaune. Il est remarqué dans ses fonctions par Song Ping, alors responsable de cette province occidentale, et futur chef du secteur de l'organisation au sein du Parti, qui lui permet en 1981 de venir effectuer une &nnée d'études à l'école du parti, à Pékin

        En septembre 1982, alors qu'il est responsable de la construction dans cette province depuis 1980 et secrétaire du comité provincial de la Ligue de la jeunesse communiste, il est élu membre-suppléant du Comité Central dont il devient le benjamin. Au même moment, il gravit les échelons de la Ligue de la Jeunesse Communiste où le Secrétaire Général du Parti Hu Yaobang puise nombre de ses collaborateurs. En décembre 1984, il est élu premier secrétaire de la Ligue. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il effectue plusieurs voyages à l'étranger (Inde, Pakistan, Thaïlande, Corée du Nord et Japon).

        En juillet 1985, il est nommé Secrétaire du Parti de la province du Guizhou. Il devient membre titulaire du Comité Central à l'occasion de la Conférence nationale du parti en septembre de la même année. La disgrâce de son patron Hu Yaobang, en janvier 1987, incite certains observateurs à prédire son limogeage. Hu Jintao garde toutefois son poste et est confirmé au Comité Central à l'occasion du XIIIème Congrès en octobre 1987.

        En décembre 1988, Hu Jintao est nommé premier secrétaire du parti pour le Tibet. C'est un poste crucial, après les premières vagues de manifestations indépendantistes de l'automne 1987. Cet éloignement du centre lors des événements de 1989 lui évite d'être mêlé de trop près à l'agitation politique de Pékin. On porte à son crédit (ou son débit) d'avoir réprimé fermement les manifestations de mars 1989 au Tibet et d'y avoir décrété la loi martiale en mars, après la mort du 10ème Panchen Lama. De même, il ne condamnera pas la répression du mouvement étudiant du printemps. Il semble néanmoins qu'il ait eu du mal à s'habituer au climat rude du royaume des neiges et qu'il ait limité sa présence à Lhassa.

        En 1992, Hu Jintao  obtient une promotion foudroyante en accédant directement au Comité Permanent du Bureau Politique, dont il est le seul quinquagénaire. La diversité de ses parrainages politiques (du libéral Hu Yaobang au conservateur Song Ping) comme sa modestie naturelle font de lui une personnalité peu contestée au sein de l'appareil. Les années passent, et Hu Jintao continue son ascension.  En 1997, il est élu membre du Comité permanent du bureau politique et de son secrétariat ; il dirige également l'école du parti.

        Au printemps 1998, l'Assemblée nationale populaire en fait le vice-Président de la République, dont le rôle est de remplacer le Président de la République (en l'occurence Jiang Zemin) en cas d'empêchement. Devenu également vice-Président de la Commission militaire centrale, il réunit, comme Jiang Zemin, de hautes fonctions dans le parti et dans l'Etat, ce qui le désigne tout naturellement comme le plus probable successeur de Jiang Zemin .

De fait, il est nommé Secrétaire général du Parti en octobre 2002. Sa victoire sur les amis de Jiang Zemin n’est pas totale, lorsqu’il est élu Président de la République en mars 2003, puisqu’il ne peut empêcher Zeng Qinghong, bras droit de Jiang, d’être vice-Président, ni Jiang Zemin de conserver les commissions militaires. Le 19 septembre 2004, il parvient enfin à occuper le dernier poste manquant, celui de président de la Commission militaire du parti (il prendrala présidence de la commission militaire centrale mors de la 3e session de la Xe ANP, en mars 2005, poste dont Jiang Zemin démissionne début mars), et à étendre son autorité sur les 2,3 millions de soldats qui composent l'armée chinoise. Ses activités ne permettent toujours pas de se faire une idée précise du personnage, dont on sait qu'il a été nommé par Deng Xiaoping pour succéder à Jiang Zemin et qui n'a pas été un dictateur depuis son arrivée au sommet, mais certains voient toujours en lui le bourreau du Tibet. On trouve sur Internet quelques virulentes critiques de son attitude à l'égard des intellectuels, qui se sentent encore moins libres que sous l'ère Jiang Zemin.

Hu parle le russe (lycée) et l'anglais (cours radio-diffusés). Il s'est marié en 1971 avec Liu Yongqing, ils ont un fils et une fille.

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HU QILI

 

                     Originaire d'une famille aisée de fonctionnaires pékinois, Hu Qili est né en 1929 dans la province du Shaanxi. Diplômé de l'Université de Pékin (mécanique), il a adhéré au Parti Communiste à la veille de la Libération, prenant la tête du mouvement étudiant de Pékin contre les nationalistes. Jusqu'en 1967, il milite dans les organisations de jeunesse sous la houlette de Hu Yaobang, participant à de nombreuses conférences internationales dans les pays d'Europe de l'Est dans les années 50. C'est en tant que président de la Ligue de la Jeunesse qu'il est accusé par les gardes rouges d'être un "suppôt de Liu Shaoqi" avant de disparaître dans la tourmente de la Révolution Culturelle.

                     Il réapparaît dans la province occidentale du Ningxia au milieu des années 70, en tant que responsable du Parti d'un district, puis comme responsable des affaires générales du comité provincial. En 1978, il est nommé vice-président de l'Université Qinghua et élu Secrétaire de la Ligue de la Jeunesse. L'année suivante, il devient président de la Ligue et effectue, en cette qualité, une visite en France.

                     En mai 1981, il est nommé maire de Tianjin où il acquiert l'expérience pratique qui lui manquait jusque là. Sa nomination fait d'ailleurs l'objet d'une large publicité et sert d'exemple dans la campagne de rajeunissement des cadres lancée par Deng Xiaoping. Sa carrière s'accélère après l'accession de Hu Yaobang à la présidence du Parti la même année. Lors du grand remaniement des organes du Parti en mai 1982, il est nommé directeur du Bureau des affaires générales du Comité Central. Quelques mois plus tard, lors du XIIème Congrès, il est élu au Secrétariat où il occupe la deuxième place derrière Hu Yaobang. Il est promu au Bureau Politique lors de la Conférence nationale du Parti de septembre 1985.

                     Pendant cette période, Hu Qili apparaît peu à peu comme le successeur probable de Hu Yaobang à la tête du Parti. Deng Xiaoping le présentera lui-même en 1985 à l'ancien Président Nixon comme son héritier. Ses nombreuses interventions publiques sont toutes axées sur la nécessité de poursuivre et de développer la politique de réformes. Il est fortement apprécié des intellectuels, lorsqu'en décembre 1984, il prononce devant l'Association des Ecrivains un grand discours, qui, pour la première fois, autorise et encourage la liberté de création. Il aurait été néanmoins contraint, dès 1985, de faire une autocritique sur ce sujet par la vieille garde du Parti.

                     Lorsqu'en janvier 1987, Hu Yaobang est limogé du secrétariat général du Parti, bien peu donnent à Hu Qili une chance de lui survivre. Il saura pourtant s'adapter rapidement à ce recentrage de la ligne du Parti, reprenant à l'occasion les analyses développées par les conservateurs, pour présenter une vision plus modérée de la politique de réformes.

                     Le bouleversement du processus de succession imaginé par Deng Xiaoping ruine ses espoirs de prendre lors du XIIIème Congrès la direction du Parti. Il parvient cependant à se maintenir dans une position de successeur possible, en entrant au Comité Permanent du Bureau Politique, l'organe suprême du Parti. Cependant son amitié avec Hu Yaobang et Zhao Ziyang met fin à sa carrière politique dans les années 90, et il se cantonne depuis dans des activités académiques.

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HU YAOBANG

        Né dans une famille de paysans pauvres de Liuyang, au Hunan en 1913, Hu Yaobang adhère à la Ligue des jeunesses communistes en 1930 et est admis au parti en 1935. Il quitte sa famille à 14 ans pour rejoindre les bases rouges et participe à la Longue marche en 1934-1935.

        Directeur-adjoint du département politique au Collège militaire anti-japonais du peuple chinois et directeur du département de l'organisation du département de politique générale de la Commission militaire pendant la guerre de résistance au Japon, il devient commissaire politique d'une colonne de l'armée populaire de libération.

        A la libération en 1949, il est nommé secrétaire du comité du parti pour le Sichuan-nord et président du comité administratif régional. En 1952, il devient secrétaire du Comité central de la Fédération de la jeunesse démocratique, membre du comité central en 1956, et, en 1965, secrétaire du parti du Shaanxi. Député du Sichuan à l'Assemblée nationale populaire en janvier 1965, il disparaît à partir d'avril 1967, pendant la Révolution culturelle.

        Il est nommé membre de l'académie des Sciences en novembre 1975.

A la chute de la bande des quatre, en 1976, il apparaît comme directeur du département de la propagande du Comité central du parti, troisième secrétaire du département de la discipline, vice-président de l'école du parti en 1977, député de l'Anhui à l'ANP en février 1978 et membre de son comité permanent en mars, puis secrétaire général du parti le 12 septembre 1982.

        Mais l'homme semble trop réformiste pour les conservateurs regroupés derrière Hu Qiaomu et Chen Yun qui lancent, en 1983, une campagne contre la "pollution spirituelle". Ils profitent aussi du piétinement de la réforme en milieu rural en 1984 pour dénoncer l'emballement du processus des réformes. En janvier 1987, Hu est accusé de soutenir indirectement les mouvements étudiants de protestation. Il est limogé et remplacé par Zhao Ziyang à la tête du parti. C'est un coup de frein mis aux réformes en cours.

        Hu meurt le 15 avril 1989. Immédiatement, des dazibao couvrent les murs des universités, des couronnes apparaissent bientôt sur le monument aux Héros du peuple, place Tiananmen : c'est le début visible du mouvement de contestation des étudiants qui s'achèvera dans le sang, en juin 1989.

De ses fils (Hu Deping, Liu Hu, Hu Demin, une seule fille, Li Heng), un seul semble avoir été inquiété pour s'être occupé d'un journal tendancieux à Wuhan.

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HUA GUOFENG

        De son vrai nom Su Zhun , Hua Guofeng est né en 1920 au Shanxi, à Jiaocheng, près de Taiyuan. Il entre dans une organisation de résistance au Japon en 1937, la Zhonghua kangri jiuguo xianfengdui, nom auquel il emprunte trois caractères pour se forger un pseudonyme, "hua-guo-feng : avant-garde de la Chine. C'est au Shanxi qu'il passe la guerre de résistance (1937-1945) la guerre civile (1946-1949), et fait ses premières armes dans l'appareil du parti, comme secrétaire de comité clandestin entre 1945 et 1949. En avril de cette année-là, il est envoyé guerroyer dans le sud. Il retrouve des postes de secrétaire de district ou commissaire politique au Hunan (Xiangyin, puis Xiangtan, villes proches du lieu de naissance de Mao Zedong). En octobre 1952, il est promu au district spécial de Xiangtan. On raconte qu'il se distingue par sa cruauté lors des différents mouvements de répression des années 50, ce qui lui vaut le surnom de "Boucher de Shengwulian" en 1968.       

        A partir de 1954, il se lance dans la collectivisation de son domaine. Pendant le Grand bond en avant, il s'occupe de finances et de commerce. Il commence à se faire remarquer par Mao Zedong, toujours attaché à ses racines. En 1964, il devient vice-gouverneur du Hunan et dirige les travaux d'aménagement d'un canal à Shaoshan, berceau des Mao.

        Pendant la révolution culturelle, il s'attache à ne pas perdre son poste, ce qui le fait entrer en conflit avec les ennemis de Mao, qui lui permet de monter dans l'appareil et d'être nommé membre suppléant du Comité central en 1970. En décembre de la même année, Hua constitue le premier Comité provincial du parti. En 1972, il conduit la purge anti-Lin Biao, ce qui lui permet de mieux asseoir son propre pouvoir et de devenir le protégé de Mao lui-même. Il est nommé dans la police secrète, aux côtés de Wang Dongxing, grâce au rôle qu'il joue pour déjouer les plans assassins de Lin Biao contre Mao. Il obtient un ministère (agriculture) en 1973 et entre en même temps au Bureau politique. Il occupe également l'un des fauteuils de vice-Premier Ministre. Le 7 février 1976, lorsque Deng Xiaoping est limogé, c'est à lui que revient le porte-feuille de Premier Ministre. Quand Mao meurt, le 9 septembre, Hua s'appuie sur Chen Xilian , Wang Dongxing, Li Xiannian, Ye Jianying, Wei Guoqing , Xu Shiyou et le clan de Deng Xiaoping pour devancer Jiang Qing et se faire nommer Président du parti le 6 octobre : il fait arrêter la Bande des quatre. C'est alors que Wu De , maire de Pékin, déclare au monde que Mao Zedong a choisi Hua comme successeur, lui confiant le pouvoir par la célèbre formule "Avec toi aux commandes, je suis tranquille" (ni banshi, wo fangxin).

        Mais, privé du soutien de Mao, il apparaît vite comme une solution de transition, même s'il tente de copier son maître (jusqu'à la coiffure) et de lancer un culte en son honneur. Deng Xiaoping revient dès 1977, Hua Guofeng est obligé de partager le pouvoir. Il souhaite conserver le maoïsme dans son intégralité, alors que Deng annonce déjà la politique d'ouverture et la décollectivisation. En septembre 1980, Zhao Ziyang devient Premier Ministre, et Hu Yaobang  prend la présidence du parti en juin 1981. Hua quitte le bureau politique en 1982. Dès lors, il n'occupe plus que des postes de second rang, au parti, à l'assemblée nationale populaire ou à la Conférence consultative politique du peuple chinois. Il n'est pas disgrâcié, car chacun lui reconnaît le mérite d'avoir débarrassé la Chine de la bande des quatre, il en est même certains qui pensent que Mao lui a vraiment confié le pays et qui ne sont pas prêts à jeter par dessus bord le Grand timonier.

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Mme JIANG QING

épouse de Mao Zedong

        Connue sous plusieurs noms (Li Yunhe, Luan Shumeng, Gao Zhu...), Mme Jiang Qing est née en 1913 au Shandong dans une famille modeste. Elle grandit auprès de sa mère à Ji'nan, où elle suit des cours d'art dramatique. En 1933, elle entre au parti communiste et fréquente les milieux artistiques chinois. Elle se marie brièvement avec le critique de cinéma Tang Nai et tourne quelques films à Shanghai, sous le nom d'actrice de Lan Ping (Pomme bleue). On dit qu'elle est, à cette époque, la maîtresse de Kang Sheng, grand prêtre des services secrets chinois.

        En 1937, lors de l'invasion japonaise, elle se réfugie à Yan'an où elle suit les cours de l'académie d'art dramatique Luxun et épouse Mao Zedong en 1938. Elle se tient à l'écart de la vie politique, n'occupant que des postes honorifiques jusqu'en 1964, où elle est élue à l'Assemblée nationale populaire.

Elle mène dès lors campagne au sein des milieux intellectuels et artistiques, critique violemment l'opéra traditionnel de Pékin qu'elle fait remplacer par des compositions plus révolutionnaires (le détachement féminin rouge, le fanal rouge, la prise de la montagne du tigre par la ruse, le port, la fille aux cheveux blancs...). Elle encourage un journaliste de Shanghai, Yao Wenyuan, à attaquer le dramaturge et maire de Pékin Wu Han, en novembre 1965, puis accuse en février 1966 Zhou Yang d'être le dictateur des lettres.

        Le 18 août 1966, elle fait sa première apparition publique à Pékin, lors d'un grand rassemblement de gardes rouges. En décembre de la même année, elle est nommée conseiller culturel de l'armée populaire de libération, puis chef-adjoint du comité chargé de la révolution culturelle au sein du comité central du parti. Elle vise en particulier Liu Shaoqi. Son influence décline quelque peu à partir de 1968 et elle recule dans la hiérarchie du parti en août 1973.

        Il faut cependant attendre la mort de Mao pour qu'elle tombe, en compagnie de ses amis Yao Wenyuan , Wang Hongwen et Zhang Chunqiao (la Bande des quatre), en octobre 1977. Son procès, largement diffusé à la télévision, se déroule au début des années 80 : elle est condamnée à mort avec deux ans de sursis pour se réformer. Bien qu'elle refuse de se reconnaître le moindre tort, elle voit sa peine commuée en prison à perpétuité. Elle mourra d'un cancer en prison en 1991.

Enfant de Mao Zedong : Mme Li Na

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     JIANG ZEMIN

 

 

                     Né en 1927 à Yangzhou dans la province du Jiangsu, Jiang Zemin adhère au Parti Communiste dès 1946, pendant des études d'ingénieur électricien à l'Université de Shanghai (diplôme en 1947). Après la victoire communiste de 1949, il occupe des postes de responsabilité dans diverses usines de Shanghai, puis effectue un stage en Union Soviétique, à l'usine automobile Staline de Moscou (1955-56).

                     De retour en Chine, il travaille successivement à l'usine de moteurs n° 1 de Changchun, puis dans des instituts de recherche en électricité de Shanghai et de Wuhan. Pendant les années 60, il est affecté au Ministère n°1 de l'industrie mécanique. Il passe à cette époque deux ans en Roumanie, en tant que dirigeant de l'équipe d'experts chinois envoyés à Bucarest. De 1971 à 1980, il est tout d'abord directeur-adjoint, directeur du Département des affaires étrangères, puis conseiller du Ministère n°1 de l'industrie mécanique.

                     Jiang Zemin  est promu à l'automne 1980 vice-président de deux Commissions d'Etat, la Commission de contrôle des importations et des exportations et la Commission de contrôle des investissements étrangers.

                     En mai 1982, il est transféré au Ministère de l'Industrie électronique en qualité de vice-ministre. Cette fonction le désigne alors comme l'interlocuteur des entreprises et des gouvernements étrangers.

                     En septembre 1982, il est élu membre du Comité Central du Parti Communiste Chinois.

                     Le 20 juin 1983, il est nommé Ministre de l'Electronique.

                     En juillet 1985, remarqué par Hu Yaobang pour son dynamisme et son soutien aux réformes économiques, il succède a Wang Daohan à la tête de la mairie de Shanghai : il y fait de l'excellent travail, modernisant l'administration et les équipements industriels de la plus grande ville de Chine. Le XIIIème Congrès du PCC (novembre 1987) le porte à la tête du Comité du Parti de la ville de Shanghai et au Bureau Politique du Comité Central.

                     A la suite de la répression du mouvement démocratique du printemps 1989 qui provoque la chute du deuxième dauphin de Deng Xiaoping, Zhao Ziyang, Jiang Zemin , qui a, semble-t-il, permis d'éviter les affrontements sanglants à Shanghai, est appelé à Pékin comme Secrétaire Général du Parti, le 24 juin 1989, à l'issue du 4ème plénum du XIIIème Congrès.

                     En novembre 1989, il succède à Deng Xiaoping au poste de Président de la Commission des Affaires Militaires du Parti et en mars 1990, il remplace également le petit timonnier au dernier poste officiel qu'il occupait, celui de Président de la Commission Militaire Centrale de la RPC. Il occupe désormais les deux postes les plus importants du parti communiste.

                     La VIIIème Assemblée Nationale Populaire l'élit en mars 1993 président de la République. Jiang Zemin est le dirigeant de la République Populaire de Chine qui cumule historiquement le plus de postes. Alors qu'au moment de sa nomination, sa réputation de manque de charisme et de caractère en faisait un dirigeant de transition, Jiang Zemin a su par la suite consolider très largement sa position, nommant des personnes qui lui étaient proches à de hautes fonctions et prenant l'initiative dans tous les domaines de la vie politique (Taïwan, réforme des entreprises publiques, diplomatie...). Il a notamment marqué fortement de son empreinte le cinquième plénum du XIVème congrès.

        Il est confirmé en 1998 à tous ses postes, mais devra installer l'équipe qui lui succèdera en 2003, date à laquelle il devra songer à la retraite. Peut-être par manque d’idée, il se fait inspirer la notion de la « triple représentation » par Zeng Qinghong, mais ne fait guère recette. Il conserve cependant suffisamment de puissance pour conserver la direction des commissions militaires, tant au parti en octobre 2002, que devant l’Assemblée nationale en mars 2003, et à faire nommer son poulain Zeng Qinghong à la vice-présidence de la République et en cinquième position dans la hiérarchie du parti. Il impose même son portrait devant celui des nouveaux promus (Hu Jintao, Wen Jiabao et Wu Bangguo), en mars 2003, à la Une du Quotidien du Peuple. Par la suite, il apparaît souvent, muni de son titre militaire, à de nombreuses occasions, comme la visite du Premier Ministre indien en juin 2003. Il finit par abandonner la commission militaire centrale à Hu Jintao, le 19 septembre 2004. Il devient en théorie un retraité méritant, mais son clan est toujours en place au Comité central. Il démissionne de la commission militaire (celle dont le président est élu par l'ANP) le 4 mars 2005.

                     Jiang Zemin  est un grand amateur de musique qui pratique le piano et la flûte et qui n'hésite pas à montrer ses talents de chanteur. Ses auteurs préférés seraient Tolstoï, Dickens et Goethe. Il parle couramment le russe et laborieusement l'anglais, il a gardé d'un séjour en Roumanie une connaissance limitée du roumain. Il a également lu le Comte de Monte Cristo et, à sa demande, visité le château d'If, à Marseille, lors d'une visite officielle en France. Son épouse Wang Yeping, passe pour ne pas avoir le moindre goût et avoir un caractère difficile. Ses deux fils sont bien placés dans les affaires. Il a un petit-fils et une petite-fille. L'un de ses fils est signalé, en juin 2005, comme PDG de Shanghai Alliance Investment, entreprise associée à Microsoft depuis mai 2005.

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LAO SHE

(Shu Qingchun , Sheyu )

Noms de plume : Lao She , Hong Lai , Xie Yu , Xieqing , Sheyu , She, Feiwo ...

      

  Lao She naît le 3 février 1899 à Pékin. Son père, de la bannière rouge mandchoue, était garde à la Cité impériale et sera tué pendant les combats autour des Légations étrangères, en août 1900 : on ne retrouvera de lui que ses chaussettes, maigres reliques pour un enterrement. Sa mère, de la bannière jaune mandchoue, était issue d'une famille paysanne de Pékin. Il est le dernier de huit enfants dont trois meurent en bas âge.

        A partir de la mort du père, les Shu vivent des ménages qu'effectue la mère. Lao She ne reçoit aucune éducation et, à l'âge de trois ans, il ne sait encore ni parler, ni marcher. En 1906, un oncle généreux décide de lui payer des études : il est le premier de la famille à savoir lire. Il entre en 1909 en 3ème année de l'école n°2 de Pékin., puis passe en 1912 à l'école n° 13 de Nancaochang. Il obtient d'excellents résultats et sert parfois de répétiteur pour les classes inférieurs. En 1913, il réussit le concours d'entrée au lycée, mais ne peut poursuivre en raison des diffcultés financières de la famille. L'école normale étant gratuite, il y suit des cours dès l'été et en est diplômé en 1918. Il est nommé directeur de l'école d'Etat n° 17.

        En guise de participation au mouvement du 4 mai 1919, il décide de supprimer le salut quotidien à Confucius. En 1920, il obtient le grade d'inspecteur de la banlieue nord de la capitale. En 1921, il s'occupe de bibliothèques pour enfant, apprend la boxe et l'épée ainsi que l'anglais. C'est cette année-là qu'il publie sa première nouvelle, "Sa défaite", et des poèmes, sous le nom de Sheyu. Il se fait baptiser en 1922 et commence à donner des cours de littérature à l'université Nankai de Tianjin, qu'il quitte l'année suivante. De retour à Pékin, il obtient un poste de professeur de chinois à l'université orientale de Londres, où il débarque en septembre 1924. Il lit beaucoup et commence à rédiger. En 1925, il achève son premier roman, "La philosophie du vieux Zhang", qu'il fait publier en Chine. En 1929, il décide de rentrer en Chine, tout en continuant à publier (Lüyou, Erma...). Entre Marseille et Singapour, il peut rédiger un roman, "C'est à peu près comme ça", et doit s'arrêter à Singapour pour réunir l'argent nécessaire à la fin de son voyage.

        En juillet 1930, il trouve un poste d'enseignant-chercheur en littérature à l'université Jilu de Ji'nan, au Shandong. Il se marie en 1931 avec Mme Hu Xieqing. A partir de l'été 1932, sa nouvelle La Cité des chats paraît en feuilletons. En 1934, il devient éditeur d'une revue littéraire, Wenxue jikan,  dans laquelle il publie "Li le blanc et Li le noir" et quitte l'université Jilu en juillet et prend un poste à l'université du Shandong de Qingdao. En 1935, il cosigne, avec, entre autres, Bajin et Cao Yu, un "Avis sur le mouvement culturel chinois". En juillet 1936, il démissione de l'université pour se consacrer entièrement à l'écriture : il travaille au manuscrit du Tireur de pousse, qui est publié en feuilletons à partir de septembre, à Shanghai. En août 1937, il choissit de revenir à l'université de Ji'nan, mais les cours ne reprennent pas ; il adhère à l'association de résistance au Japon des milieux culturels du Shandong et rencontre, lors d'un voyage à Wuhan, Zhou Enlai.

        En février 1938, il est élu au comité préparatoire du Comité national de résistance des arts et lettres, où il siège aux côtés de grands écrivains comme Shen Congwen , Zhu Ziqing, Ding Ling, Ye Shengtao, Guo Moruo, Mao Dun, Xu Dishan, Yu Dafu, Tian Han, Hu Feng, Sheng Cheng... Il part pour Chongqing en août pendant que sa famille rejoint Pékin. En mars 1940, il intervient pour tenter de faire libérer des écrivains emprisonnés par Jiang Jieshi. En 1941, il accepte un poste d'enseignant à l'université unie de Kunming, où il retrouve Shen Congwen et Zhu Ziqing. En 1942, il est élu à la fédération résistante du théâtre. Il commence en 1944 la rédaction de son plus long roman, Quatre générations sous un même toit (Sishi tongtang), dont la première partie est publiée à partir de septembre. Il achève la seconde partie l'année suivante. En 1946, il dénonce les horreurs de la gerre civile et demande à n'être qu'un écrivain. Il décide de partir aux Etats-Unis et arrive le 20 mars à Seattle. Il va visiter le pays pendant une année, puis se consacrer à l'écriture et à des traductions pendant les deux années suivantes.

        En 1949, Zhou Enlai  l'invite à rentrer en Chine, ce qui est fait en décembre. Au début de l'année 1950, il assiste à la fondation du groupe de xiangsheng (dialogues comiques), domaine dans lequel il excelle. En avril, sa famille revient de Chongqing, ils emmenagent à Dengshikou, au centre de Pékin. Lao She  est élu à la tête de la fédération des arts et lettres de Pékin en juin et achève en septembre le livret d'une pièce, Longxugou  (Le fossé de la barbe du dragon), qui lui vaut les félicitations de Mao Zedong l'année suivante : il a droit au titre d'"artiste du peuple". En 1952, il soutient la politique de Mao en ce qui concerne les intellectuels, est élu à l'assemblée populaire de Pékin et membre du comité du gouvernement exécutif de Chine du nord.

        En 1953, il devient vice-président de la Fédération des écrivains, et se rend en Tchécoslovaquie, URSS et Corée, où il séjourne jusqu'en mars 1954. De retour à Pékin, il est élu député de Pékin à l'Assemblée nationale et modifie la fin du Tireur de pousse (Luotuo xiangzi). En 1955, il participe à la campagne dirigée contre Hu Feng et commence à participer aux travaux de réforme de l'écriture. Il continue à écrire et se soigner pendant toute l'année 1956. En janvier 1957, il publie un texte demandant la liberté d'écrire, puis déclare en juillet que les écrivains doivent obéir aux injonctions du parti communiste. En 1958, il est à nouveau élu à l'Assemblée nationale populaire, puis vice-président de la Fédération des arts et lettres en 1960. Les années qui suivent le voient écrire beaucoup et se livrer à de nombreuses activités protocolaires. En 1964, il commence à s'inquiéter des activités de Jiang Qing et Kang Sheng dans le domaine littéraire. Le 2 janvier 1965, il est cependant élu président exécutif de la séance de l'Assemblée populaire. Il conduit ensuite une délégation d'écrivains au Japon et écrit de nombreux poèmes.

        Mais en février 1966, Jiang Qing et Lin Biao lancent leur politique de "dictature de la ligne noire dans les arts et lettres". Le 4 avril, Lao She écrit sa dernière oeuvre, un kuaiban (monologue rapide) intitulé "On élève beaucoup de porcs à Chengezhuang". La révolution culturelle est lancée peu après. Lors d'un banquet, le 10 juillet, il déclare à son ami Bajin : "Dis aux amis que je n'ai pas de problèmes, que je vais bien. Je viens de voir le Premier Ministre [Zhou Enlai] ." Le 16 juillet, malade, il crache du sang et doit aller à l'hôpital. Il en sort le 16 août, mais le 23, des gardes rouges, lassés de brûler des vêtements de théâtre, amènent Lao She au temple de Confucius, l'insulte, puis le frappe. Sa femme le ramène en sang à la maison. Le 24 août, il passe la journée assis dans le jardin du lac Taiping. A minuit, il recopie quelques poèmes de Mao, puis se jette dans le lac.

        Une cérémonie a été organisée le 3 juin 1978 à Babaoshan,  en guise de réhabilitation. Son fils, Shu Yi, a été nommé responsable du Palais national de la littérature, inauguré en 1999 à Pékin. Il prend régulièrement la défense du vieux Pékin, livré à la pioche des démolisseurs.

        Parmi les oeuvres traduites en français de ce chantre de la capitale chinoise qui aurait peut-être pu obtenir le prix Nobel : Le tireur de pousse, La maison de thé, Longxugou, Quatre générations sous un même toit...

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LI DAZHAO

        Li Dazhao est né le 6 octobre 1888 au Hebei, dans une famille modeste. De 1907 à 1913, il poursuit des études de droit et de sciences politiques à Tianjin, Pékin, puis Tokyo. Il rejoint en 1916 l'équipe de la revue Jeunesse nouvelle, fondée par Chen Duxiu .

        En 1917, il est l'un des premiers à chanter les louanges de la révolution bolchévique. Nommé professeur d'histoire à l'université de Pékin en 1918, il collabore à plusieurs revues révolutionnaires et fonde la Société pour l'étude et la propagation du marxisme, dont Mao Zedong devient membre lors de son passage à la bibliothèque de l'université. Il participe en juillet 1921 à la fondation du parti communiste à Shanghai.

        Il se consacre ensuite à la synthèse du nationalisme chinois et du marxisme-léninisme. Il soutient l'alliance avec le Guomindang et participe, aux côtés de Borodine, à la réorganisation du parti nationaliste. Il soutient Mao Zedong dans ses efforts pour soulever la paysannerie. Mais il est arrêté par la police d'un seigneur de la guerre et meurt, par strangulation, en avril 1927.

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LI KEQIANG

           Li Keqiang est né en juillet 1955 à Dingyuan, dans l'Anhui. Membre du parti depuis 1976, il est nommé secrétaire du parti de la brigade de production de Damiao, district de Fengyang, dans l'Anhui. Il rejoint Pékin en 1978, où il obtient un diplôme de la faculté de droit de l'université de Pékin en 1982, puis un Master en économie dans la même université, tout en étant secrétaire de la ligue de la jeunesse communiste de l'université. Il devient, en 1982 également, secrétaire général de la fédération nationale des étudiants. Membre suppléant du comité central de la Ligue en 1983, puis suppléant du secrétariat de la ligue en 1985, premier secrétaire du secrétariat de la ligue en 1993, il est élu vice président de la Fédération nationale de la jeunesse en 1990 et membre du comité permanent de l'Assemblée nationale populaire en 1993. De 1988 à 1995, il poursuit ses études d'économie jusqu'au grade de docteur en économie de l'université de Pékin.

        En juin 1998, il devient secrétaire-adjoint du parti de la province du Henan et gouverneur ad interim, puis gouverneur titulaire de la même province en février 1999. En décembre 2002, il est nommé secrétaire du parti provincial du Henan. Il est membre du comité central des XVe et XVIe Congrès du parti (1997 et 2002).

         En décembre 2004, il devient secrétaire du parti du Liaoning et reçoit à ce titre le Premier Ministre français, M. Raffarin, en visite à Shenyang en avril 2005. Il a en charge le difficile dossier de la réforme des entreprises d'Etat et du chômage, important au Liaoning.

C'est un proche de Hu Jintao, qu'il a côtoyé à la ligue de la jeunesse communiste.

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LI LISAN

        Né à Liling, au Hunan, en 1899, Li Lisan vient en France en 1919 pour une période de travail-études (il est exclu de l'université de Lyon). Admis au parti communiste chinois en 1921, il travaille avec Liu Shaoqi à Anyuan, au Hunan, en 1922 (certains biographes pensent qu'il se rend à Moscou jusqu'en 1923). Secrétaire du comité central du parti de la région de Wuhan en 1923, puis du Comité du mouvement ouvrier de Shanghai en 1924, il prend la tête des syndicats de cette ville en 1925, où il dirige les grandes révoltes du 30 mai. Il participe également au soulèvement de Nanchang, en 1927. Il travaille ensuite pour le "parti souterrain" à Hongkong et Canton.

        De 1928 à 1930, il fait partie des dirigeants du parti installés à Shanghai, dont il semble être le véritable chef. Ces théories ne plaisant pas à tous, il est envoyé en formation à Moscou en 1931. Il envisageait de soulever les ouvriers des villes et de fonder des zones soviétiques urbaines, allant à l'encontre des idées de guérilla de Mao Zedong. Il en revient en 1946 et est nommé en Chine du nord-est. En 1948, il est nommé vice-Président de la fédération des syndicats. Membre du Conseil du gouvernement après la fondation de la République populaire, il est élu membre du comité central des IVème, Vème, VIème, VIIème et VIIIème Congrès. Il meurt le 22 juin 1967, victime, dit-on, des agissements de Lin Biao et de la Bande des quatre.

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LI PENG

                Li Peng est né le 20 octobre 1920 à Shanghai, dans une famille originaire de Chengdu, au Sichuan. Son père, Li Shuoxun, fut l'un des premiers dirigeants communistes ; il participa, avec Zhou Enlai et Zhu De, à la grande insurrection de Nanchang, en 1927. Arrêté par l'armée nationaliste, il fut décapité en septembre 1931. Sa mère, Zhao Juntao, était la soeur de Zhao Shiyan, l'un des fondateurs de la branche européenne de la Ligue des jeunesse communistes chinoises qui comptait alors dans ses rangs Zhou Enlai et Deng Xiaoping. En raison d'un pacte conclu avec Zhou Enlai, Li Peng est confié, en 1939, à Deng Yingchao , l'épouse de Zhou Enlai, qui le conduit à Chongqing, puis à Yan'an, où  il commence des études techniques à l'Institut des Sciences naturelles (1941-1945). Il suit alors un stage pratique à la Compagnie des graisses et huiles de Harbin. En 1948, Zhou Enlai décide de l'envoyer à Moscou poursuivre des études à l'Institut polytechnique. Il est responsable de l'Association des étudiants chinois de Moscou jusqu'en 1955, date à laquelle il obtient un diplôme d'ingénieur en électricité.

                De retour en Chine, il travaille comme ingénieur, puis directeur, dans les centrales hydroélectriques de Fengman, au Jilin, et Fuxin, au Liaoning.

                La révolution culturelle (1966) le conduit à Pékin où, disent ses biographes officiels, "il parvient à assurer une distribution normale de l'électricité, grâce à l'appui de Zhou Enlai". Au début des années 70, il est nommé directeur général du Bureau de l'électricité de la municipalité de Pékin.

                Il devient vice-ministre de l'Electricité en 1980 ; il se signale alors par son efficacité dans la lutte contre les inondations. Lorsque Zhao Ziyang devient Premier Ministre, Li Peng est promu ministre de l'Electricité (mars 1981).

                En mars 1982, il entre au Comité central du parti. En juin 1983, il est nommé vice-Premier Ministre et prend la présidence, en mai 1984, de la Commission d'Etat pour l'Environnement, ainsi que celle du groupe de direction pour le développement de l'industrie électronique. A ces titres s'ajoutent celui de directeur du groupe des Centrales nucléaires, qui le conduit à superviser le programme nucléaire et énergétique chinois, et à mener les discussions qui aboutiront à la construction de la centrale de Daya Bay.

                En juin 1985, il élargit son champ de compétence en prenant la présidence de la nouvelle commission d'Etat de l'Education. En août 1986, il est chargé du dossier du barrage des Trois gorges, sur le Yangzi. Lors de la conférence nationale du parti, en septembre 1985, il accède au Secrétariat et au Bureau politique du comité central.

                Lorsque Hu Yaobang  est démis de ses fonctions, début 1987, Li Peng est nommé au Comité permanent du Bureau politique, puis Premier Ministre par interim, à la place de Zhao Ziyang, devenu secrétaire général du parti. En octobre de la même année, il devient numéro deux de la hiérarchie, et est confirmé au poste de Premier Ministre par l'Assemblée Nationale Populaire, en avril 1988. Il prend à cette occasion la présidence de la commission d'Etat pour la Réforme des structures économiques, occupée de 1982 à 1987 par Zhao Ziyang.

                Lors des événements du printemps 1989, il devient le porte-parole de la tendance conservatrice et se fait l'outil des partisans du recours à la force armée contre les manifestants. Il décrète la loi martiale le 20 mai, et obtient la destitution de Zhao Ziyang.

                Reconduit au poste de Premier Ministre en mars 1993, Li Peng se présente comme un gestionnaire habile qui forme, avec le secrétaire général Jiang Zemin, une équipe dont les domaines d'attribution sont bien délimités. Il se rend souvent sur le chantier du barrage des Trois gorges , qu'il considère comme l'oeuvre de sa vie. Malgré une visite en Allemagne écourtée en raison de manifestations de militants des droits de l'homme, il conduit régulièrement des missions à l'étranger. Maître de cérémonie lors des funérailles officielles de Deng Xiaoping en février 1997, il accompagne le Président Jiang Zemin à Hongkong pour les cérémonies de rétrocession, le 30 juin 1997, et prononce un discours au Palais de l'Assemblée nationale, le lendemain. A l'occasion du XVème congrès du Parti communiste chinois, il est élu le 11 septembre 1997 membre du comité permanent du presidium, puis le 18, membre du Comité central, et enfin, le 19 septembre membre du comité permanent du bureau politique, où il occupe le second rang dans l'ordre protocolaire.  Ne pouvant briguer un nouveau mandat lors de la session de l'Assemblée Nationale Populaire, en mars 1998, il se fait nommer Président de l'Assemblée nationale populaire et s'engage, comme son prédecesseur Qiao Shi, à en renforcer le rôle. Il conserve son titre de membre du comité permanent du bureau politique, et reste le second dans l'ordre protocolaire, derrière Jiang Zemin, mais devant son successeur, Zhu Rongji. Il prend sa retraite en mars 2003, et assiste, avec satisfaction mais sans titre officiel, à la mise en eau du barrage des Trois gorges, en juin 2003.

             Li Peng parle couramment le russe et a commencé l'étude de l'anglais en 1980.

                Son épouse, Zhuo Lin , ne fait pas l'unanimité dans la direction chinoise, les uns jugeant qu'elle se montre trop, les autres allant jusqu'à l'accuser de s'occuper d'affaires douteuses.

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LIN BIAO

(Lin Yuyong)

                Lin Biao est né en 1907 à Huilongshan, au Hubei, dans une famille de la bourgeoisie rurale. Il fait ses études secondaires à Wuchang de 1921 à 1925, année où il rejoint la Ligue des jeunesses communistes, puis le parti communiste. Il entre à l'académie militaire de Huangpu (Whampoa), prend part à l'expédition du nord sous les ordres de Ye Ting, puis à l'insurrection de Nanchang, le 1er août 1927. Il rejoint Zhu De et Mao Zedong dans les maquis du Jinggangshan en 1928. Ses troupes se distinguent lorsqu'il s'agit de briser l'encerclement par les troupes nationalistes et entamer la longue marche.

                Il a l'intelligence politique de soutenir Mao à la conférence de Zunyi et poursuit en dirigeant l'avant-garde de la Longue marche jusqu'au Shaanxi. En 1936, il dirige Kangda, l'université de résistance au Japon, et retrouve la tête d'une division en 1937, avec laquelle il remporte la fameuse victoire de Pingdingshan.

                Blessé au début de l'année 1938, il part se faire soigner en URSS et n'en revient qu'en 1942. Il entre au comité central du parti en 1945 et, à partir d'août, dirige les forces communistes de Mandchourie. Après le retrait soviétique, il cède habilement les grands centres urbains aux nationalistes, mieux armés, et organise la guérilla dans les campagnes. Dès 1948, il repasse à l'offensive et fonce vers le sud : ses troupes s'emparent de Pékin en janvier 1949, de Canton en octobre de la même année.

                A la naissance de la République populaire, il prend la direction de la région centre, puis du centre-sud. Elu au bureau politique en avril 1955 et fait maréchal la même année, il conserve cependant un rôle effacé. Il sort de l'ombre en mai 1958, où il est élu vice-Président du Comité central et membre du Comité permanent du bureau politque et devient ministre de la Défense à la place de Peng Dehuai, avec l'appui de Mao Zedong. Son travail idéologique au sein de l'armée lui permet d'être cité en exemple au début des années 60. Il fait imprimer le Petit livre rouge et se dépense sans compter pendant la révolution culturelle, sans toutefois s'allier avec la Bande des quatre, mais un conflit éclate au 2ème plenum du IXème congrès, à Lushan, en août 1970, à propos du poste de Président de la République.

                Dès lors, Lin Biao  sent le pouvoir lui échapper. On l'accuse aujourd'hui d'avoir alors voulu monter un coup d'Etat contre Mao (le chantier 571, wu qi yi, qui, phonétiquement, peut signifier soit 571, soit 'soulèvement armé'). Il est peut-être exécuté à Pékin sur ordre de Jiang Qing, peut-être tente-t-il de fuir la Chine après une tentative manquée d'assassinat de Mao, toujours est-il que son corps est retrouvé dans les débris d'un avion militaire chinois qui s'écrase en Mongolie le 13 septembre 1971.

Sa fille : Lin Liheng ; son neveu : Lin Hanxiong

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LIU SHAOQI

                Comme Mao Zedong, Liu Shaoqi est originaire d'un village du Hunan. Il naît dans une famille de paysans riches en 1898 et poursuit ses études, comme Mao, à l'école normale de Changsha. En 1920, il adhère à la Ligue de la jeunesse socialiste. Il dirige avec Li Lisan la grève des mineurs de Anyuan, en 1922. Choisi par le Komintern, il se rend à Moscou de 1923 à 1925. En 1927, il obtient l'évacuation par les Anglais de Hankou et poursuit par la suite son travail révolutionaire en ville.

                En 1938, il rejoint Mao Zedong à Yan'an et y épouse la remarquable Wang Guangmei, sa cinquième femme. Son ascencion débute en 1942, avec la campagne de rectification au sein du parti. Dès 1945, il est le n° 2 du parti. Elu vice-Président de la République populaire en 1949, il devient président lorsque Mao quitte le poste, en 1959 : il est alors le successeur désigné de Mao. Mais s'il contrôle l'appareil du parti et peut s'appuyer sur son secrétaire général, Deng Xiaoping, l'armée lui échappe. Dans les années 60, le rôle des militaires prend de l'importance. Liu prône une politique d'entente avec l'Union soviétique, ce qui lui attire l'animosité de Mao lui-même, sans parler de la jalousie de Lin Biao. Quant à son épouse, Wang Guangmei, elle est la bête noire de Jiang Qing, si bien que le couple est victime des gardes rouges en décembre 1966, malgré une première autocritique en octobre.

                Liu est exclu du parti en octobre 1968 pour révisionnisme, avec le titre de "Khrouchtchev chinois".

                Il meurt à Kaifeng le 12 novembre 1969 et n'est réhabilité, à titre posthume, qu'en mai 1980, sur ordre de Deng Xiaoping.

Il a eu une vie familale "riche" :

1ère épouse : He Baozhen ; 2 fils, Liu Yunbin et Liu Yunruo, une fille, Liu Aiqin

2onde épouse : Xie Fei

3ème épouse : Wang Qian ; 1 fils, Liu Yunzhen, 1 fille, Liu Tao

4ème épouse : Wang Jian

5ème épouse : Wang Guangmei ; 1 fils, Liu Yuanyuan (alias Liu Yuan), 3 filles, Liu Pingping, Liu Tingting, Liu Xiaoxiao ; 1 neveu, Liu Weiming (entre autres)

On pense que le dissident Wan Runnan (Pékin Stone) fait partie de ses gendres.

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LIU XIAOBO

Liu Xiaobo est né en 1955 à Changchun, dans le Jilin, au nord-est de la Chine. Après avoir reçu des diplômes de l’Université du Jilin et de l’Université normale de Pékin (doctorat en littérature en 1988), il devient chercheur invité des universités d’Oslo, d’Hawaï et de Columbia. En mai 1989, il revient des Etats-Unis pour participer à la grève de la faim organisés par les étudiants sur la place Tiananmen., ce qui lui vaudra une condamnation. En 1996, nouvelle condamnation pour avoir critiqué le parti communiste : trois ans de camp de travail. Le 22 mars 2008, lors des troubles au Tibet, Liu Xiaobo, Wang Lixiong et vingt-huit autres intellectuels Chinois lancent un appel pour demander au gouvernement Chinois d'infléchir sa politique au Tibet et pour soutenir l'appel à la paix du Dalaï-lama. En décembre 2008, il est arrêté chez lui sous l’accusation de recueillir des signatures pour un document appelé la Charte 08, inspirée de la Charte des 77 de Tchécoslovaquie, et qui demande une extension des droits de l’homme en Chine. Il est formellement arrêté le 23 juin 2009 sur suspicion d’« incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat ». Le 25 décembre 2009, il sera condamné à 11 ans de prison. En juin 2009, cinquante-deux intellectuels chinois signent une lettre ouverte pour demander sa libération, suivis en cela par le Congrès américain, le 1er octobre, our de la Fête nationale chinoise, et par l’Union européenne en décembre.  Fin janvier 2010, Hu Jiwei, ancien directeur du Quotidien du Peuple adresse une lettre ouverte au parti communiste, expliquant que Liu Xiaobo n’a fait qu’avoir proposé une « république fédérale » pour la Chine, ce qu’avait déjà envisagé un dissident, Yan Jiaqi, de l’Académie des Sciences sociales de Chine.

Le 8 octobre 2010, le prix Nobel de la Paix lui est attribué pour ses « efforts durables et non violents en faveur des droits de l’homme en Chine ».

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LIU ZHIDAN

                Ce fils de paysan moyen est né en 1902 à Bao'an, au Shaanxi. Au cours de ses études secondaires, il adhère en 1924 aux Jeunesses socialistes, puis en 1925 au Parti communiste. Il devient l'année suivante chef de la section politique de la 4ème armée de route de la Guominjun, l'armée nationaliste, à la suite des accords entre Feng Yuxiang et le Guomindang. Il est également nommé à l'académie militaire Zhongshan, dont il est expulsé en 1927, lorsque Feng Yuxiang rompt avec le Guomindang de gauche. Il s'associe alors avec l'un de ses anciens élèves, Gao Gang, et se réfugie avec quelques partisans pour organiser un embryon de résistance : c'est une guérilla rurale du même type que celle qu'organise simultanément Mao Zedong au sud de la Chine.

                En avril 1928, Liu Zhidan dirige les soulèvements de Weinan et de Huaxin, près de Xi'an. C'est un échec, mais le point de départ officiel des soulèvements paysans en Chine du nord.  Liu et Gao Gang s'enfuient dans le nord du Shaanxi et, aux alentours de Bao'an, réorganisent leurs forces pour harceler l'ennemi. Liu, membre depuis longtemps de la société secrète du Gelaohui, dispose là d'un réseau parallèle d'information et de protection et accède directement aux villages.

                En 1931, le Japon envahit la Mandchourie, et Liu Zhidan crée l'Armée alliée anti-impérialiste du nord-ouest, qui devient l'année suivante la 26ème armée rouge. Après une nouvelle défaite, Liu se réfugie auprès de Gao Gang qui avait regagné le nord de la province. En janvier 1935 se tient le premier congrès du soviet du Shaanxi-nord, qui décide de la création d'un gouvernement soviétique provisoire à Anding : Liu en est élu vice-président du comité militaire. A l'automne, c'est auprès de lui que Mao et les rescapés de la Longue marche trouve refuge, car, du lointain sud, ils avaient entendu parler de cette base septentrionale. Sans ce refuge, peut-être les combattants de Mao se seraient-ils enlisés dans les déserts du Qinghai. Toujours est-il que les premiers contingents arrivés du sud commencent par emprisonner les dirigeants locaux, les accusant de déviationnisme. Liu est libéré après l'intervention de Mao et Zhou Enlai.

                Il meurt au printemps 1936 au combat. Peut-être, s'il avait survécu aux guerres, serait-il devenu l'un des tous premiers personnages du régime.

                La ville de Bao'an a, à sa mémoire, a été rebaptisée Zhidan par Gao Gang, et c'est le nom qu'elle porte toujours. Pour sa biographie romancée, on consultera le roman en deux tomes de Li Jiantong, intitulé "Liu Zhidan", publié en 1984.

                Son fils, Liu Zizhen, a été vice-Président du CP de l'Assemblée populaire du Shaanxi. Liu Suola , chantre du nouveau roman, musicienne et danseuse, serait l'une de ses descendantes.

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LU XUN

(Zhou Shuren)

                Sous le nom de Zhou Shuren, Lu Xun est né dans la petite localité de Shaoxing, au Zhejiang, capitale du célèbre vin jaune, le 25 septembre 1881, dans une famille de lettrés au bord de la misère. A quatorze ans, il perd son père et c'est un oncle qui paye les frais de son éducation. Il suit jusqu'à dix-sept ans des cours de culture classique, puis la pauvreté le force à entrer à l'école des mines et chemins de fer de Nankin, moins coûteuse.  Diplômé en 1901, il reçoit une bourse pour étudier au Japon. A l'université Sendai, il lit tout ce qui traite de l'occident et rencontre de nombreux révolutionnaires chinois en exil. En 1902, il adhère à la Société de la renaissance (Guangfuhui) et abandonne en 1906 ses études de médecine. Il effectue un bref séjour en Chine pour se marier avec l'épouse que lui a choisi sa famille et retourne au Japon étudier l'allemand. Il lance avec son frère Zhou Zuoren l'éphémère revue Vie nouvelle.

                En 1909, il rentre en Chine et enseigne la physique et la chimie à l'école normale de Hangzhou avant de diriger une école à Shaoxing, en 1911. Il est nommé en 1912 membre du conseil du ministre de l'Education nationale et reprend à titre privée des études classiques.

                En 1917, il entre dans l'équipe de rédaction de La jeunesse nouvelle (Xin qingnian), où se trouve rédigés les principes directeurs du mouvement du 4 mai 1919. En 1918, influencé par Gogol et Andreiev, il écrit, en langue parlée, Le journal d'un fou, pour la première fois sous le pseudonyme de Lu Xun. Suivront des nouvelles comme Kong Yiji, Le remède, Pays natal...

                Après le mouvement du 4 mai, il se tait pendant deux ans. En 1921 paraît son chef d'oeuvre, La véritable histoire d'Ah Q. Il est désormais reconnu comme l'un des plus grands écrivains de son époque. Il publie alors plusieurs recueils, comme Cri d'appel (Nahan), Errances (Panghuan), Fleurs du matin cueillies le soir (Cao hua xi shi), Contes anciens sur un mode nouveau (Gushi xinpian)... Il enseigne à Pékin à partir de 1923 et ridiculise les tentatives du gouvernement pour lutter contre l'ascencion communiste  (Sous le dais fleuri).

                Il se marie à nouveau et s'installe à Shanghai en 1926. Après l'écrasement de la commune de Canton, il maintient son pessimisme et s'interroge tant sur lui-même que sur la Chine et les Chinois.

                En 1930, il participe à la fondation de la Ligue des écrivains de gauche, d'obédience communiste, collabore avec Qu Qiubai, Feng Xuefeng et Hu Feng, mais s'oppose vite à de jeunes dirigeants culturels du PC comme Zhou Yang. Atteint de tuberculose et de plus en plus en conflit avec ces dirigeants culturels, il refuse en 1936 d'adhérer à une nouvelle Association des écrivains.

Il meurt à Shanghai le 19 octobre 1936.

                Tout en le considérant comme le "commandant en chef de la révolution de la culture chinoise", Mao Zedong et Zhou Yang attaquent sa mémoire pendant la période de Yan'an. Il reste aujourd'hui comme l'un des plus grands écrivains chinois. Nombreuses sont ses oeuvres portées à l'écran.

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MAO ZEDONG

                Né le 26 décembre 1893 à Shaoshan, au Hunan, dans une famille paysanne dont le patriarche était commerçant en grains et dirigeait plusieurs ouvriers agricoles, Mao Zedong abandonne l'école primaire dès l'âge de treize ans, après y avoir appris à réciter les Classiques. Trois ans plus tard, lassé des travaux que lui confie son père, le jeune homme se rebelle et reprend l'école. En 1911, il gagne la capitale provinciale, Changsha, où il sert quelques mois comme soldat. A partir de 1912, il suit des cours et lit beaucoup à la bibliothèque municipale. De 1913 à 1918, il est inscrit à l'école normale.

                En 1918, il quitte le Hunan pour la capitale où Li Dazhao lui obtient un poste à la bibliothèque de l'Université de Pékin. En mars 1919, il rentre à Changsha, et ne participe donc pas au Mouvement du 4 mai, à Pékin. En 1920, il dirige au Hunan une école primaire et épouse Yang Kaihui, la fille d'un de ses anciens professeurs de morale, ignorant la première "épouse" à laquelle ses parents l'avaient lié alors qu'il avait quatorze ans.

                En juillet 1921, il participe à Shanghai au premier congrès du Parti communiste chinois. Jusqu'en 1923, il milite dans sa province, devient secrétaire du parti provincial et participe au mouvement ouvrier de Changsha. Il devient membre du Comité central du parti communiste et membre suppléant du Comité central du Guomindang. En 1926, il est nommé directeur de l'Institut des cadres du mouvement paysan, à Canton : c'est là qu'il chante les louanges de l'esprit révolutionnaire de la paysannerie. En 1927, il conduit une petite troupe de paysans révoltés au Jingangshan, dans le Jiangxi. En 1930, Yang Kaihui  est décapitée sur ordre du gouverneur du Hunan.

Pendant les années qui suivent, il recrute et forme sa petite armée, rejoint par de nombreux rebelles, et ce malgré les remontrances que lui envoient les dirigeants communistes, restés à Shanghai. En 1927, il dirige le "Soulèvement de la moisson d'automne" au Hunan : c'est un désastre. Il se marie avec He Zizhen, qui fera la Longue marche. Son autorité est mise en péril en 1932 et 1934, lorsque les "Shanghaiens" le rejoignent au Jiangxi, d'où il est chassé en octobre 1934, au début de la Longue marche. A la conférence de Zunyi, en janvier 1935, il s'impose enfin comme le chef du parti. Il conduit les survivants à Yan'an, d'où il organise la lutte contre les Japonais et les Nationalistes de Jiang Jieshi  (Tchang Kai-chek). Il répudie He Zizhen qui se réfugie à Shanghai avant de finir ses jours dans un hôpital psychiatrique et épouse Jiang Qing, une actrice de Shanghai. En 1949, il fait son entrée à Pékin où il proclame la naissance de la République populaire, dont il se fait élire Président. Il lance la campagne des Cent fleurs en 1956 et, l'année suivante, le mouvement de rectification contre ceux qui ont osé profiter de cette campagne pour attaquer le régime. En 1958, il décide le grand bond en avant, un désastre économique, et quitte la Présidence de la République en fin d'année. En août 1959, il présente son autocritique à la conférence de Lushan. En 1960, il se charge d'alimenter la brouille avec Moscou, ne pouvant admettre qu'on mette en doute l'infaillibilité de Staline, et par contre-coup, la sienne. En mai 1964, Lin Biao fait publier le Petit livre rouge, recueil de citations de Mao. L'année suivante, sentant le pouvoir lui échapper, il programme la Grande révolution culturelle prolétarienne, qui débute officiellement le 16 mai 1966. Il passe en revue les gardes rouges sur la place Tiananmen, le 18 août. En septembre 1967, il se voit obligé de condamner l'ultra-gauche. En août 1970, un conflit éclate entre Mao et son dauphin, Lin Biao, qui se tue dans un avion qui fuyait la Chine, en septembre 1971.

                Sa santé décline rapidement. Il décède le 9 septembre 1976, quelques mois après Zhou Enlai  ; son corps est exposé dans un mausolée, sur la place Tiananmen.

Sa vie familiale fut bien remplie (le sage a dit : "Il faut n'avoir qu'un enfant" ; mais c'était trop tard pour lui ; son idée de départ était qu'une bouche à nourrir c'est deux bras pour la révolution) :

1ère épouse, répudiée avant consommation du mariage arrangé par ses parents (Mao avait 13 ans, son épouse en avait 19).

2onde épouse : Yang Kaihui ; 3 fils, Mao Anying, Mao Anqing et Mao Anlong, 1 bru, Shao Hua, 1 petit fils, Mao Xinyu.

3ème épouse : He Zizhen ; 1 fils, Mao Anhong

4ème épouse : Jiang Qing ; 1 fille, Li Na, 1 gendre, Wang Jingqing, 1 nièce, Wang Hairong.

(son père : Mao Shunsheng ; ses frères : Mao Zemin et Mao Zetan, sa soeur adoptive, Mao Zehong)

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QIAO SHI

                Qiao Shi est né en novembre 1924 à Dinghai, au Zhejiang. Admis dès l'âge de 16 ans au parti communiste, il commence à militer dans les organisations de jeunesse. En 1947, il est secrétaire d'un comité de district  à Shanghai. A la libération, il est nommé secrétaire du Comité de la Ligue de la jeunesse de Hangzhou, capitale du Zhejiang, puis directeur-adjoint du Département du front uni du Comité de la Ligue pour la Chine orientale. Il travaille ensuite aux aciéries d'Anshan, au Liaoning, et de Jiuquan, au Gansu.

                Il entre en 1963 au département des Liaisons internationales du Comité central. Accusé d'être un "partisan de la voie capitaliste" pendant la révolution culturelle, il échappe à la prison, mais effectue deux séjours dans les "écoles du 7 mai", sortes de camps de rééducation politique des cadres mis en place par Mao Zedong en 1966. En 1978, il est nommé directeur-adjoint de ce département, puis directeur en mai 1982.

                Son ascension dans le parti est consacrée par le XIIème Congrès, en septembre 1982 : il entre au Comité central et est nommé membre suppléant du Secrétariat. Il est alors l'un des proches collaborateurs, dans la campagne de "rectification", de Hu Yaobang, qu'il connaît depuis 1949, lorsque ce dernier était responsable national de la Ligue de la jeunesse communiste.

                En mai 1984, il quitte le département des Relations internationales pour prendre la tête de celui de l'organisation. En juillet 1985, on lui confie la direction de la Commission politico-juridique du Comité central, organisme de tutelle de sécurité et de police, et il devient de fait le chef de la police secrète chinoise. En septembre 1985, il accède à la fois au Bureau politique et au Secrétariat du Comité central, où il prend en charge l'ensemble des questions de sécurité. Il détient les mêmes dossiers au gouvernement après sa nomination comme vice-Premier Ministre en avril 1986.

                Il est élu membre du Comité permanent du Bureau politique et premier secrétaire de la Commission d'inspection de la discipline à l'occasion du XIIIème Congrès, en novembre 1987. Il quitte ses fonctions gouvernementales en avril 1988.

                Il conserve son poste au Comité permanent lors du XIVème Congrès, en octobre 1992, et prend, en décembre de la même année, la direction du groupe de gestion intégrale de la sécurité publique. Le 27 mars 1993, il devient président du Comité permanent de l'Assemblée Nationale Populaire, à la place de Wan Li .

                Qiao Shi appartient à la nouvelle génération de dirigeants chinois promus après 1978. Longtemps responsable des questions de sécurité et de discipline, il s'est imposé comme l'un des éléments indispensables au sein de l'équipe de direction à partir du XIIIème Congrès, en 1987. Longtemps allié de Hu Yaobang, il a su montrer assez de souplesse et d'entregent pour monter dans l'appareil, et n'a pas hésité à provoquer la chute de Zhao Ziyang, en 1989, lorsqu'il pensait pouvoir prendre sa place. Il joue à cette époque le rôle d'intermédiaire entre les partisans de la manière forte et ceux du compromis avec les étudiants de Tiananmen, mais reste dans l'ombre lorsque Jiang Zemin prend le pouvoir.

                Après son arrivée à la tête de l'Assemblée nationale, il tente de donner à cette institution un rôle plus important et rappelle régulièrement l'importance du droit en Chine, et ce faisant, de l'Assemblée qui élabore les lois. Ses relations avec Jiang Zemin semblent assez tendues ; après la mort de Deng Xiaoping , Qiao Shi fait souvent l'éloge du patriarche, mais reprend rarement la phrase selon laquelle "il faut s'unir autour du Comité central ayant Jiang Zemin pour noyau", expression consacrée pour souligner le rôle de dirigeant unique et indiscutable du président Jiang.

                En mars 1998, il perd son dernier titre, celui de président de l’ANP, et devient un retraité respecté qui continue à effectuer des visites à travers la Chine, quand sa santé le lui permet.

Un fils, Qiao Xiaodong.

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SUN YAT-SEN

(Dixiang , Sun Yixian , Sun Zhongshan , Sun Wen )

 

        le 12 novembre 1866 à Xiangshan, près de Macao, au Guangdong, dans une famille pauvre, Sun Yat-sen acquiert les rudiments de culture chinoise auprès d'un vieux lettré et d'anglais avec des missionnaires. A treize ans, il s'embarque pour rejoindre son frère à Hawai, où il reste jusqu'en 1882. Il y perfectionne son anglais et découvre l'occident. Il s'installe à Hongkong en 1883 après un mariage rapide avec la fille des voisins de ses parents. Il se mariera par la suite avec Song Qingling, fille de riches banquiers (et dont la soeur, Song Meiling, épouse Tchang Kai-chek), qui optera pour la République populaire en 1949 et sera vice-Présidente de la République de 1959 à 1966, puis Présidente à titre honorifique de 1981 à 1983. Sun se convertit au christianisme et entre en contact avec la Triade Sanhehui . En 1887, il s'inscrit au Collège de médecine pour Chinois dont il est diplômé en 1892 (une licence en médecine et chirurgie qui lui vaut le titre de Docteur Sun Yat-sen). Dès 1894, il s'adresse directement à Li Hongzhang, à la Cour des Qing, pour demander des réformes qui permettraient à la Chine de se moderniser comme vient de le faire le Japon. Il fonde la Société pour la régénération de la Chine, qui s'appuie sur la petite bourgeoisie urbaine et les capitaux des Chinois d'outre-mer. Le premier coup d'Etat (manqué) dans lequel apparaît son nom est celui de Canton, en 1895 : les survivants doivent se réfugier à Kobé, au Japon où ils fondent le Gemindang, parti révolutionnaire. Sun entame une tournée des colonies chinoises d'outre-mer pour réunir des capitaux et faire connaître son mouvement. Il est enlevé par les hommes de main de la légation de Chine à Londres en 1896, puis relâché grâce à la pression de l'opinion britannique. De 1896 à 1911, basé à Tokyo, il parcourt le monde et ne revient que quatre fois en Chine. En 1905, il formule le "tri-démisme" (trois principes du peuple : nationalisme pour resserrer l'unité nationale, démocratie pour assurer l'égalité politique, et socialisme pour favoriser un essor équitable de l'économie). Fin 1911, il est nommé Président de la nouvelle République chinoise alors qu'il se trouve à Denver. Il rentre en passant par Londres et Paris, et abandonne dès le 13 février 1912 son titre de Président à Yuan Shikai. En août 1912, il prend la direction d'un nouveau parti, le Guomindang dans sa première mouture, mais l'abandonne aussitôt à Song Jiaoren.

        Nommé directeur de la planification des chemins de fer par Yuan Shikai, il s'occupe d'économie. En 1913, Sun doit à nouveau fuir vers le Japon. Les douze années qui suivent n'ont pour but que de s'opposer aux gouvernements usurpateurs de Pékin. Il séjourne à Shanghai et à Canton, et tente de recréer un parti au Japon, le Zhonghua Gemindang, Parti révolutionnaire de Chine. En juillet 1917, il prend part au Mouvement pour la protection de la Constitution, mais est chassé de Canton par Chen Jiongming, seigneur de la guerre du Guangdong. Il regagne Shanghai, où il continue son travail de propagande et de reconstruction d'un parti. Le 10 octobre 1919, il fonde un second Guomindang, celui qui, à partir de 1949, poursuivra sa carrière à Taiwan.

        En octobre 1920, il revient à Canton, d'où il prône une Expédition vers le nord destinée à chasser les seigneurs de la guerre qui règnent à Pékin. Il doit à nouveau quitter Canton pour Hongkong en août 1922, il commence à jouer la carte soviétique et envisage un front uni entre  toutes les forces révolutionnaires chinoises (principalement le Guomindang et le parti communiste naissant). Il repasse à Canton pour lancer une exépdition vers le nord et réussit à s'allier à Feng Yuxiang, qui s'empare de Pékin en octobre 1924.

        Sun Yat-sen s'y rend immédiatement, mais meurt d'un cancer en mars 1925. Son mausolée se trouve à Nankin. Sa paternité est revendiquée à la fois par Pékin et Taibei.

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WEN JIABAO

        Wen Jiabao est né en septembre 1942 à Tianjin. Entré au Parti en 1965, il est diplômé du Département de Géologie de l’Institut de Géologie de Pékin (spécialité : géologie structurale).

De 1968 à 1979, il travaille dans une équipe de prospection géomécanique dans le Gansu. De 1979 à 1982, il est chef-adjoint de section et directeur général-adjoint du bureau de géologie de cette province.

En 1982 et 1983, il est directeur du bureau de recherches politiques et législatives au ministère de la Géologie et des Ressources minières.

De 1983 à 1985, il sert comme vice-Ministre de la Géologie et des Ressources minières.

De 1985 à 1987, grâce à l'appui de Zhao Ziyang, il devient directeur-adjoint, puis directeur de la Direction générale du Comité central du Parti communiste, de 1987 à 1992, il est suppléant du Secrétariat du Comité central et directeur de la Direction générale du Comité central. Suppléant du Bureau politique et membre du Secrétariat du Comité central de 1993 à 1997, il devient membre du Bureau politique et du Secrétariat du Comité central en 1997, titre auquel il ajoute celui de vice-Président du Conseil des Affaires d’Etat (vice-Premier Ministre) de 1998 à 2002. Membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central à partir d’octobre 2002, il est nommé Premier Ministre en mars 2003. Sa première tâche est de faire face à l’épidémie de pneumopathie atypique, tâche dont il se sort avec les honneurs, puisque Pékin est déclarée ville saine par l’OMS le 23 juin 2003. Il semble se sortir honorablement de ce guêpier et s'attaque immédiatement au problème de l'approvisionnement en eau de Pékin, Tianjin et du Hebei, en activant le détournement des eaux de Chine du sud vers le nord, projet aussi pharaonique que le barrage des Trois gorges, de son prédécesseur Li Peng. La mort de son ancien protecteur Zhao Ziyang, en janvier 2005, le laisse de marbre.

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WU BANGGUO

        Wu Bangguo est né en juillet 1941 à Feidong, dans l’Anhui. Il entre au parti communiste en 1964 et est diplômé du Département de Radio et Electronique de l’université Qinghua en 1967.

De 1967 à 1978, il est chef de la section technique de l’usine de fabrication de tubes électroniques de Shanghai, puis directeur-adjoint et secrétaire-adjoint du parti de l’usine.

Entre 1978 et 1985, il est directeur-adjoint de la Compagnie de tubes électroniques, tout en étant secrétaire du comité du parti du bureau municipal de l’industrie des télécommunications de Shanghai en 1982-1983et membre du comité municipal scientifique et technique de 1983 à 1985.

De 1985 à 1995, il sert comme secrétaire-adjoint du comité municipal du parti de Shanghai, puis comme secrétaire du comité, il est également nommé membre du Bureau politique du Comité central du parti en 1992. De 1995 à 2002, il est à la fois membre du Bureau politique et du Secrétariat du Comité central et vice-Premier Ministre, chargé en sous-main de la réforme des entreprises d’Etat.

Il remplace Li Peng à la tête de l’Assemblée Populaire Nationale en mars 2003.

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XI JINPING

Xi Jinping (習近平), né le 1er juin 1953 à Beijing, est un homme politique chinois. Depuis le 15 mars 2008, il est le vice-président de la République populaire de Chine.

Il étudia le génie des procédés à l'Université Tsinghua de 1975 à 1979. Il rejoignit la Ligue de la jeunesse communiste chinoise en 1971, puis le Parti communiste chinois en 1974.

Il est l'une des figures de proue de la 5ème génération de dirigeants du PCC.. En octobre 2010, il fut nommé vice-président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois. Cette nomination « implique qu'il deviendra sans aucun doute le secrétaire-général (du PCC en 2012), puis le président en mars 2013 », selon Willy Lam, analyste politique de l'Université chinoise de Hong Kong.

Il est le fils de Xi Zhongxun, ancien vice-président de l'Assemblée populaire et vice-Premier Ministre.

Xi Jinping a épousé en secondes noces la chanteuse populaire Peng Liyuan.

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 YANG LIWEI

          Agé de 38  ans lors de son premier vol orbital, le 15 octobre 2003, Yang Liwei est né à Huanzhong, au Liaoning (Nord-Est). Son père était économiste dans une entreprise agroalimentaire, et sa mère enseignante. Selon le quotidien hongkongais Wen Wei Po, le premier à révéler l'identité du cosmonaute, Yang Liwei a été repéré par des recruteurs de l'armée de l'air alors qu'il était encore au lycée. Il était à l'époque un adolescent sportif, amateur de nage et de patinage, confie sa sœur

D'une formation scolaire moyenne, Yang Liwei était surtout passionné par la science et la technologie. Une fois intégré à l'armée de l'air, il passait le temps de ses permissions à démonter les appareils électriques de la maison. En 1990, il se marie avec la jeune Zhang Yumei, qui ne tarde pas à le suivre à la Cité de l'espace de Pékin après qu'il a été sélectionné en 1993 dans le groupe de cosmonautes. Commence alors une vie frappée du sceau du secret. Il "sortait rarement", précise le Wen Wei Po, afin de ne pas s'exposer à un accident ou à la révélation de son identité. Il n'est autorisé à rentrer dans sa ville natale qu'"une fois tous les quatre ans". Quand ses parents lui rendent visite, ils évitent de l'interroger sur ses activités.

Le choix de Yang Liwei s'est apparemment imposé au dernier moment.

Selon le Wen Wei Po, son camarade Zhai Zhigang, originaire lui aussi du Nord-Est, avait mieux réussi les tests psychologiques. Mais l'atout de Yang Liwei était d'avoir démontré sur la durée "une stabilité psychologique constante". Les premières images diffusées de lui à la télévision montrent en effet un homme au visage fermé, ne trahissant aucune émotion.

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ZENG QINGHONG

 

        Zeng Qinghong  est né en juillet 1939 à Ji'an, au Jiangxi. Il entre au parti en 1960 et est diplômé du département des contrôles automatiques de l'Institut d'ingéniérie de Pékin en 1963. Son rôle pendant la Révolution culturelle n'est pas connu. Il est nommé secrétaire du Bureau général de la Commission d'Etat au Plan en 1979, chef de division-adjoint au Bureau des Affaires générales de la Commission d'Etat à l'énergie (1981-1982), directeur-adjoint du département de Liaison de la Corporation du pétrole off-shore (1983-1984). Il devient directeur-adjoint du département de liaison avec l'étranger du ministère de l'industrie pétrolière en 1984, puis directeur-adjoint du département de l'organisation du comité du parti de Shanghai, de 1984 à 1986, date à laquelle il est élu membre du comité permanent et secrétaire général du comité. Directeur-adjoint du bureau des Affaires générales du comité central en 1989, il en devient directeur en 1993.

        En 1998, il prend la tête du département de l'organisation du Comité central du parti, il est membre du secrétariat et membre suppléant du bureau politique.

        Zeng Qinghong , dont la carrière politique a vraiment commencé à Shanghai lorsque Jiang Zemin en était le secrétaire, passe pour le principal conseiller du successeur de Deng Xiaoping. Dès lors, il pourrait accéder, aux côtés ou à la place d'un Hu Jintao, à de très hautes fonctions lorsque l'équipe en place (Jiang Zemin, Li Peng et Zhu Rongji ) ne pourra demander le renouvellement de ses mandats, en 2002 et 2003. Mais ses ennemis sont trop nombreux et trop puissant : Zeng accède au Comité permanent du Bureau Politique lors du XVIème congrès en novembre 2002 (en cinquième position) et prend la direction de l’Ecole du parti, mais devra patienter pour l’Assemblée Nationale ou la Présidence de la République : il est nommé vice-Président en mars 2003, mais n’apparaît pratiquement pas avec cette casquette.

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ZHAO ZIYANG

                     Zhao Ziyang  est né le 15 août 1919 dans une famille de propriétaires fonciers de Huaxian, au Henan. Inscrit à quatorze ans à la Ligue des Jeunesses Communistes, il entre au Parti au début de la guerre sino-japonaise et participe à la réforme agraire dans les "zones libérées" du Hebei et du Henan (1940-1949).

                      A la Libération, en 1949, Zhao est envoyé dans le sud du pays pour mettre en oeuvre la politique rurale du gouvernement central. Durant les seize années qu'il passe dans la province du Guangdong (1950-1966), Il gravit pas à pas les échelons du Parti et de l'administration, pour être finalement nommé Premier Secrétaire du comité provincial à 47 ans (1965), sans pour autant parvenir à entrer au Comité Central du PCC.

                     Lorsque la Révolution Culturelle atteint Canton en janvier 1967, les gardes rouges l'accusent, non sans raison,  d'avoir pris position contre les  communes populaires et de s'être prononcé en faveur du système d'exploitation familiale contractuelle prôné par Liu Shaoqi et Deng Xiaoping. Malgré une autocritique, Zhao est destitué de toutes ses fonctions en octobre 1967. Réhabilité  en 1971, il est affecté en Mongolie Interieure où il attendra un an son retour au Guangdong (avril 1972). Elu enfin membre du Comité Central au Xème Congrès du PCC (1973), Zhao se fait remarquer par Deng Xiaoping qui lui confie les destinées de sa province natale du Sichuan (décembre 1975).

                     C'est le tournant de sa carrière : en quatre ans (1976-1980), il fait de cette province, la plus  peuplée de Chine (plus de 100 millions d'habitants) mais aussi une des plus ravagées par la Révolution Culturelle, un laboratoire  des réformes économiques. Sa réussite lui vaut d'être nommé membre suppléant du Bureau Politique en 1977, puis membre titulaire en 1979 et, surtout, membre de son Comité Permanent en février 1980.

                     Cette ascension rapide au sommet du Parti prépare en fait sa nomination à la tête du gouvernement. Rappelé à Pékin, il est promu vice-Premier Ministre en avril 1980 et l'Assemblée Nationale Populaire le désigne cinq mois plus tard (le 10 septembre 1980) pour succéder à Hua Guofeng au poste de Premier Ministre. En imposant ce responsable provincial inconnu de l'administration pékinoise, Deng Xiaoping avait dans l'idée de reprendre en main une bureaucratie contrôlée par les conservateurs et de procéder à un profond remaniement de l'appareil d'Etat.

                     Confirmé dans ses fonctions le 18 juin 1983 par la Sixième Assemblée Nationale Populaire, Zhao Ziyang concentre l'action du gouvernement sur la réforme économique qui vise à substituer à une planification rigide un modèle original de "socialisme de marché", et la restructuration de l'appareil d'Etat, marquée par de fréquents remaniements ministériels et le dégraissage systématique des administrations. Soucieux d'efficacité, Zhao s'est peu à peu entouré de collaborateurs relativement jeunes, hommes de terrain comme lui.

                     En janvier 1987, il remplace Hu Yaobang, démis de ses fonctions à la tête du parti. Il pense pouvoir continuer les réformes qu'il a initiées, mais se heurte aux conservateurs. Fin 1988, il laisse diffuser l'Elégie du Fleuve jaune, de Su Xiaokang, et, pire, donne l'impression de soutenir, à partir d'avril 1989, le mouvement étudiant. Il va même sur la place Tiananmen rendre visite aux grévistes de la faim. Sa dernière apparition publique semble se situer le 19 mai : Deng Xiaoping  ne peut le supporter, et Zhao est peu après démis de toutes ses fonctions. Il est placé en résidence surveillée à Pékin. Dans les années 90, on raconte que les dirigeants chinois (dont Jiang Zemin) lui rendent parfois visite pour prendre ses conseils. Il est probable que Zhao Ziyang sera un jour réhabilité. En juillet 2000, l'autorisation de se rendre au Sichuan lui est donnée. Il meurt le 17 janvier 2005, dans un hôpital de Pékin, des suites d'une maladie respiratoire et cardio-vasculaire. Les premières dépêches chinoises, émises le jour même, lui attribuent le titre de "camarade", mais ne font aucune référence à ses titres et activités passés. La cérémonie de crémation a lieu au cimetière de Babaoshan, à Pékin, le 29 janvier ; le parti se fait représenter par Jia Qinglin, président en titre de la CCPPC, qui regroupe les partis dits "démocratiques", et les personnalités qui ne se caractérisent pas par leur appartenance au parti (artistes, religieux, héros divers...). Dans son épitaphe, le Quotidien du Peuple lui reconnaît une grande oeuvre en faveur du parti et du peuple, mais des erreurs au cours de 'l'orage social' du printemps 1989.

                     Zhao est marié a Mme Liang Boqi, dont il a quatre fils (Zhao Dajun, Zhao Erjun, Liang Yibei et Zhao Wujun) et une fille (Zhao Nansheng, ou Wang Yannan, à moins qu'il ne s'agisse de deux filles différentes) qui ont, pour certains, étudié à l'étranger.  

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ZHOU ENLAI

        Zhou Enlai est né en 1898 à Huaian, au Jiangsu, dans une famille de notables originaires, comme Lu Xun , de Shaoxing, au Zhejiang. De 1912 à 1917, il fréquente le collège secondaire de Nankai, à Tianjin. A l'automne 1917, il commence ses études à l'université Waseda de Tokyo, puis part vivre à Kyoto.

        A la suite du mouvement du 4 mai 1919, il rentre à Tianjin et se lance dans les activités politiques. Il s'inscrit à la nouvelle université Nankai de Tianjin et y crée la Société du réveil (Juewu she), puis participe à de nombreuses manifestations, ce qui lui vaut une centaine de jours de prison en 1920. C'est au cours d'une de ces manifestations qu'il rencontre celle qui sera son épouse, Mme Deng Yingchao.

        En octobre 1920, il s'embarque pour la France pour un séjour de travail-étude. Il se consacre au travail politique et adhère au mouvement communiste en 1921. Il voyage beaucoup entre la France, l'Angleterre, l'Allemagne et la Belgique et fonde la branche européenne du parti communiste chinois, en 1922, à Paris. Il rédige de nombreux articles pour la revue Lumière rouge, que Deng Xiaoping se charge d'imprimer. Lors de la création de la branche européenne du Guomindang, Zhou entre dans son comité exécutif. On pense que c'est à Paris qu'il fait la connaissance de Hô Chi Minh . Il quitte l'Europe en 1924 et se rend à Canton, où il épouse Deng Yingchao en 1925. Il devient secrétaire du comité régional du parti pour la région, et directeur-adjoint de la section politque de l'académie militaire de Huangpu, dirigée par Jiang Jieshi (Tchiang Kai-shek). Il est brièvement arrêté en mars 1926 par le Guomindang, malgré son appartenance au comité de ce parti. En mars 1927, il organise le soulèvement de Shanghai, mais retombe aux mains de Chiang Kai-shek. Il s'échappe et participe au Vème congrès du parti communiste, à Wuhan, en avril, où il est élu membre du comité central et du bureau politique. Il organise le soulèvement de Nanchang en août de la même année avec He Long, Zhu De et Ye Ting. Atteint de malaria, il est conduit à Hongkong.

        En 1928, il se rend à Moscou pour assister au VIème congrès du PCC et celui du Komintern.Il devient n° 2 du parti derrière Li Lisan, dont il défend la théorie de guérilla urbaine. Il se désolidarise de Li en 1930 et, faisant parti des 28 "Bolcheviks" soutenus par Staline, s'empare du parti au 4ème plénum du VIème congrés, à Shanghai, en janvier 1931. Envoyé par Staline dans les maquis du Jiangxi pour amener Mao Zedong à la raison, il s'oppose à celui-ci jusqu'à la conférence de Zunyi, en janvier 1935, pendant la Longue marche. Il finit cette épreuve très affaibli (en fait, il arrive au Shaanxi sur un brancard), mais s'en sort et devient l'un des principaux soutiens de Mao.

        Dès le printemps 1936, il rencontre secrètement le général Zhang Xueliang, que Chiang Kai-shek avait chargé d'éliminer les "bandits rouges". Il prêche la fin des guerres fratricides et demande la constitution d'un front uni contre le Japon. Le 12 décembre 1936, il intervient pour faire libérer Chiang que les communistes avaient emprisonné à Xi'an.

        A partir de 1937, il est le représentant du parti auprès du Guomindang et fait la navette entre Chongqing et Yan'an. C'est à cette période qu'il gagne sa réputation de fin diplomate. En 1945, il accompagne Mao à Chongqing lors des négociations avec le Guomindang et négocie avec le général Marshall le 10 janvier 1946. Mais ses efforts sont vains, et la guerre civile reprend. Yan'an doit être évacuée, il retombe malade. Il suit ensuite Mao, jusqu'à l'entrée triomphale dans Pékin, en mars 1949. Au sein de la République populaire, il sera à la fois le meilleur ministre des Affaires étrangères et le plus regretté des Premiers Ministres : en 1950, il se consacre au traité d'amitié avec l'URSS, de 1951 à 1953, il est occupé par la guerre en Corée. Il participe à la conférence de Genève en 1954 et se fait remarquer à la conférence de Bandoeng en 1955, où il présente avec Nehru  et U Nu les Cinq principes de coexistence pacifique. En 1956, c'est l'un de ses discours qui lance la campagne des cent fleurs. Il abandonne les Affaires étrangères en février 1958 pour se consacrer aux tâches d'un Premier Ministre. Il tente de dissuader Mao de mettre en place le Grand bond en avant, mais échoue. Tous les dossiers lui sont soumis, qu'il s'agisse du Tibet, révolté en 1959, ou du conflit frontalier avec l'Inde en 1962. Pendant la révolution culturelle, il fait preuve d'assez d'habileté pour échapper à la vindicte des gardes rouges et de Jiang Qing, qui le juge trop puissant pour l'attaquer, et sauve ce qui peut être sauvé de la Chine. On peut lui attribuer la survie de la Chine lors des crises de l'été 1967, grâce aux négociations qu'il mène avec toutes les parties. Il doit ensuite s'occuper de l'admission de la Chine à l'ONU en 1971 et de la visite du président Nixon en Chine, en 1972. En 1973, il fait réhabiliter de nombreuses victimes de la Révolution culturelle, en particulier Deng Xiaoping qui apparaît comme son successeur en 1975, avant de retomber, victime de Jiang Qing. Cette même année, Zhou Enlai est attaqué par les gauchistes.

        Mais, usé par la maladie, il meurt le 8 janvier 1976, quelques mois avant Mao Zedong. Son deuil est porté avec plus de douleur que celui de Mao, et son souvenir hantera encore Tiananmen, en avril - mai 1989.

        On dit que la position particulière de son bras (comme atrophié) est due à une chute de cheval. Il n'aurait pas eu de fils de son épouse Deng Yingchao, mais aurait "adopté" (ou au moins pris sous son aile protectrice) deux enfants de martyrs du Parti, Li Peng (fils de Li Shuoxun) et Peng Shilu (fils de Peng Pai).

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Zhu Rongji

 

                Zhu Rongji  est né en 1928 à Changsha, capitale provinciale du Hunan. Après des études secondaires dans cette ville, il entre en 1947 à l'université Qinghua, à Pékin, où il obtient un diplôme en électromécanique. Président de l'organisation étudiante de l'université, il adhère au parti communiste en octobre 1949, au lendemain de la fondation de la République Populaire.

                Diplômé en 1951, il est affecté dans l'administration du Plan où il fera toute sa carrière, à l'exception d'un passage dans l'industrie entre 1975 et 1978, en tant qu'ingénieur en chef d'une entreprise dépendant du ministère du pétrole.

                En 1957, il est dénoncé comme droitier pour un discours critique de trois minutes. Il n'est réhabilité qu'en 1979, comme la plupart des victimes du mouvement anti-droitier, après un passage à l'Académie des Sciences comme chercheur en économie.

                D'août 1983 à janvier 1988, il est vice-président de la Commission d'Etat à l'Economie, responsable de la rénovation des équipements industriels.

                En avril 1987, il est nommé maire de Shanghaï et devient membre suppléant du Comité Central lors du XIIIème congrès à l'automne 1987. Pendant trois ans, aux côtés de Jiang Zemin, secrétaire du parti de Shanghaï, il jette les bases des réformes qui transforment la ville. L'absence à Shanghaï de répression violente et d'appel aux troupes pour supprimer le mouvement de protestation du printemps 1989 sera mise à leur crédit.

                En 1989, il remplace Jiang Zemin, appelé à devenir Secrétaire général du parti communiste, au poste de secrétaire du parti de Shanghaï tout en demeurant maire de la ville.

                En 1991, il devient vice-premier ministre plus spécialement chargé des questions économiques et financières. Sa nomination est due au soutien du patriarche Deng Xiaoping, impressionné par les résultats qu'il avait obtenu à Shanghaï. Il s'attaque alors au problème des "dettes triangulaires" qui lient l'Etat, les banques et les entreprises d'Etat, ces dernières étant soutenues à bout de bras grâce à ces facilités bancaires qui alimentent l'inflation.

                En juillet 1993, il ajoute à ses fonctions celle de gouverneur de la Banque de Chine et supervise les réformes du système financier (création de nouvelles banques spécialisées, suppression du double système de monnaie...). Il est également responsable du plan de "refroidissement" de l'économie qui veut, par un resserrement du crédit, atténuer la surchauffe patente en cette année 1993. La tâche est difficile et elle fait de lui un personnage peu aimé des provinces riches décidées à poursuivre coûte que coûte leur course à la croissance. C'est néanmoins cette politique qui est poursuivie, avec des allègements destinés à éviter les retombées sociales trop lourdes (crédits aux entreprises d'Etat, aux paysans...). En juin 1995, estimant avoir mené à bien les réformes qui s'imposaient à la banque centrale, il en confie la direction à l'un de ses adjoints, Dai Xianglong .

                La réussite de la politique économique de "macro-contrôle" qu'il incarne, celle qui a permis de réduire l'inflation et de diminuer en douceur le taux de croissance, est à mettre, en partie, à son crédit.

                Le 19 septembre 1997, il est reconduit au comité permanent du bureau politique du comité central, lors du XVème congrès ; son apparition à la troisième place dans l'ordre hiérarchique annonce qu'il prendra la place de Premier Ministre que libèrera M. Li Peng, en mars 1998.  Sa première activité en tant que chef du gouvernement est de tenir une conférence de presse au cours de laquelle il ne cache pas que la réforme des entreprises et la crise financière en Asie vont lui donner beaucoup de travail. Son franc-parler surprend même les journalistes. En janvier 1999, il annonce que la campagne anti-corruption, qui se limitait au grade de vice-ministre, va s'étendre à l'échelon supérieur et pourra concerner les ministres et même les membres du bureau politique. Il décide d'ailleurs d'envoyer ses propres inspecteurs effectuer des enquêtes sur les malversations qui grèvent le budget du Barrage des Trois gorges , l'enfant de son prédecesseur Li Peng. Après une carrière bien remplie, complimenté plus par les étrangers que les Chinois eux-mêmes, il prend une retraite bien méritée en mars 2003. On n'entend dès lors plus parler de lui.

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